L’annus horribilis de Sarkozy

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L’annus horribilis de Sarkozy
@ MONTAGE PHOTOS REUTERS
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De la polémique sur Jean Sarkozy à l’affaire Woerth, retour sur une année "délicate"...

Direction Cap Nègre pour Nicolas Sarkozy qui prend une pause de trois semaines à partir du 3 août, histoire de souffler après une année qui a vu sa popularité chuter dans les sondages. Retour sur l’annus horribilis du président.

Des phrases qui ne passent pas

#jeansarkozypartout - Dès la rentrée, explose la polémique sur une éventuelle candidature de Jean Sarkozy à la tête de l’Epad. Le président ne dit mot, mais lâche malencontreusement lors d’un discours le 13 octobre 2009 cette petite phrase : "Désormais, ce qui compte en France pour réussir, ce n’est pas d’être bien né, c’est de travailler dur et avoir fait la preuve, par ses études, par son travail de sa valeur". Elle mettra le feu aux poudres.

Une de Libération

© LA UNE DE LIBERATION


Les “coupables” de Clearstream - Septembre 2009, Nicolas Sarkozy est à New York. Lors d’une interview donnée à TF1 et France 2, le président est interrogé sur l’affaire Clearstream et assène au détour d’une phrase : "Au bout de deux ans d'enquête, deux juges indépendants ont estimé que les coupables devaient être traduits devant un tribunal correctionnel". Le mot "coupables" ne passera pas, surtout pour les avocats de Dominique de Villepin qui dénoncent alors une atteinte à la présomption d'innocence. La gauche trouve également le terme "choquant". Quelques semaines plus tard, Dominique de Villepin sera relaxé et annoncera le lancement de son propre parti politique.

Des ministres dans la tourmente





Brice Hortefeux -"Quand il y en a un ça va…. C’est lorsqu’il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes", lâche le ministre lors de l’université d’été de l’UMP. En face de lui un militant "auvergnat" d’origine maghrébine. Le ministre sera condamné pour injure raciale.

Frédéric Mitterrand - Au mois d’octobre, le ministre prend la défense de Roman Polanski et se retrouve pris à son tour dans la tourmente. En cause : un passage de son livre La mauvaise vie sur le tourisme sexuel. Frédéric Mitterrand, ému, ira s’expliquer au JT de TF1.

Alain Joyandet, Christian Blanc - Tir groupé du Canard Enchaîné. En juin, le journal met à l’index les deux secrétaires d’Etat. L’un pour un permis de construire. L’autre pour des cigares payés sur le compte de l’Etat. Les deux démissionneront en juillet.

Rama Yade - Rebelle pendant les régionales, la secrétaire d’Etat aux Sports dénonce, lors de la Coupe du monde, le coût des chambres des Bleus en Afrique du sud et se prend les pieds dans le tapis. Là encore, Le Canard Enchaîné révèle le prix de sa chambre à elle… et il s’avère bien supérieur. La secrétaire change alors d'accommodation.

Eric Woerth - Depuis le moi de juin, le ministre du Travail est pris dans l’affaire Bettencourt. Lui et son épouse apparaissent dans les écoutes réalisées chez la milliardaire. Le ministre démissionnera en juillet de son poste de trésorier de l'UMP.

Les casseroles





Les régionales et l’affaire Soumaré - Au cours de la campagne, des députés UMP -dont Axel Poniatowski- lancent des accusations contre un candidat PS, Ali Soumaré qu’ils qualifient de "multirécidiviste". Seul problème : ils se sont trompés de Soumaré et l’ont confondu avec un homonyme. Les élections régionales se solderont quelques semaines plus tard par un échec cuisant pour la majorité.

La taxe carbone - Nicolas Sarkozy avait pourtant parlé de "réforme historique" en septembre. Mais après la débâcle des régionales et la grogne des députés UMP, le président envoie le dossier aux oubliettes.

Le débat sur l’identité nationale - Entre dérapages et confusions le débat inauguré en grande pompe par le président et Eric Besson sera enterré avant les régionales.

Rachida Dati et "la rumeur" - A droite, plusieurs voix accusent la députée européenne d'être à l'origine des rumeurs sur les déboires sentimentaux du couple présidentiel. La presse assène : Sarkozy ne veut plus la voir. Carla Bruni Sarkozy devra alors intervenir pour rassurer : "Elle reste tout à fait notre amie". Fin de l’épisode.

Henri Proglio - Nicolas Sarkozy choisit Henri Proglio pour diriger EDF. Mais sa double rémunération (avec Véolia) provoquera un tollé, jusqu’à ce que le patron renonce.

Un lipdub de trop - Frédéric Lefebvre vous envoie un cœur avec ses mains, Gilbert Montagné circule au volant d'une voiture... Les images du lipdub des jeunes Pop, les juniors UMP, taxées de "ridicule" sur les réseaux sociaux, ont fait le tour des médias.