L’affaire Laëtitia devient politique

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L’affaire Laëtitia devient politique
@ MAXPPP
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Les députés UMP ne veulent pas d’une loi "Pornic", malgré l’appel du pied de Nicolas Sarkozy.

Il ne faut "pas de loi d’opportunité", mais il faut "réfléchir". La disparition de la jeune Laetitia à Pornic, il y a près d’une semaine, et l’arrestation de Tony Meilhon - un homme au passé judiciaire chargé, dans le cadre de l’affaire - pousse les députés UMP à relancer le débat sur la récidive et l’application des peines.

Nicolas Sarkozy veut des décisions

Le chef de l’Etat a été très clair à ce sujet mardi après-midi. Nicolas Sarkozy a déclaré qu’un "tel drame ne pouvait rester sans suite", affirmant que "la récidive criminelle n'est pas une fatalité". "Il faut attendre de voir, mais si c'est l'indicible, il faudra des décisions et pas des commissions de réflexion. Il y a eu trop de cas comme celui-ci", a-t-il poursuivi, en visite à Saint Nazaire.

Avant son arrivée en Loire-Atlantique, Nicolas Sarkozy avait demandé mardi au gouvernement et aux parlementaires UMP de "prendre des initiatives très vite" sur le suivi des délinquants sexuels, selon un participant à une réunion de la majorité à l'Elysée.

Pas de "loi Pornic"

Mais les députés de la majorité ne disent pas favorables à une nouvelle loi uniquement pour réagir à ce fait divers. "Nous ne voulons pas de réaction législative immédiate, pas de proposition de loi d'opportunité, pas de proposition de loi Pornic", a déclaré Jean Leonetti, vice-président du groupe UMP, en prônant une "réflexion" par une mission parlementaire.

"Les parlementaires incluront leurs propositions dans le futur projet de loi sur les jurés populaires", a répondu mardi le président du groupe UMP à l'Assemblée, Christian Jacob, qui souligne être opposé à toute "loi d'opportunité". "D'ici le mois de mai, on organise un groupe de travail pour regarder toute la législation qui existe et voir comment on peut avoir une meilleure application des peines et travailler sur la remise en liberté", a-t-il précisé, en récusant toute "loi d'opportunité". "On se donne trois mois de travail pour faire le point", a-t-il dit, "pour ne pas réagir dans l'instant".

"Pas libéré par anticipation"

Le ministre de la Justice, Michel Mercier, a précisé, de son côté, que des mesures visant à assurer un suivi "spécifique et approprié" des récidivistes seraient examinées en même temps que le projet de loi sur les jurés populaires. Le ministre a rappelé que Tony Meilhon avait "un casier judiciaire extrêmement lourd, avec 15 condamnations".

"Il a bien été condamné en 2001 à cinq ans de prison pour viol, violences et agression sexuelle, pour des faits qui ont été commis en détention sur un codétenu", a souligné Michel Mercier, précisant qu'il n'avait "pas été libéré par anticipation". "Depuis sa sortie de prison en février 2010, il était soumis au régime de mise à l'épreuve pour faits d'outrage à magistrat", a rappelé le ministre : "suite à sa condamnation en 2001, il était inscrit au fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes et a fait l'objet d'une inscription au fichier des personnes recherchées depuis le 4 janvier, lorsqu'il n'avait pas respecté son obligation de déclaration d'adresse".