Karachi : Villepin n’avait "pas connaissance d’un risque"

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Karachi : Villepin n’avait "pas connaissance d’un risque"
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"Seule la justice" a les moyens de vérifier les rumeurs de financement de la campagne électorale d’Edouard Balladur en 1995, dit l’ancien secrétaire général de l’Elysée.

Refuser le paiement de "toute commission pouvant donner lieu à rétrocommission" était une "décision de principe" prise par Jacques Chirac, alors président de la République, a affirmé vendredi Dominique de Villepin, l’ancien secrétaire général de l’Elysée, interrogé sur Europe 1 au sujet de la polémique sur les attentats de Karachi, en 2002.

L’ancien premier ministre a toutefois affirmé que "rien, à l’époque, n’est venu alerter ou alarmer les responsables politiques" sur l’éventualité que des intérêts français soient pris pour cible à l’étranger, si la France stoppait le versement de commissions au Pakistan. L'avocat des familles des victimes avait révélé, il y a une semaine, que les juges chargés de l'enquête étudiaient cette hypothèse de près. Les révélations du journal Libération, qui a affirmé jeudi que la Direction des constructions navales signalait l’existence de contrats commerciaux et de commissions occultes dès 2002, sont venues étayer cette piste.

Quatorze personnes, dont onze Français, ingénieurs des arsenaux d'Etat, étaient morts dans l’attaque perpétrée le 8 mai 2002, officiellement attribuée à Al-Qaida.

Ecoutez l'interview de Dominique de Villepin, au micro de Patrick Cohen :

Dominique de Villepin n’a pas formellement exclu l’hypothèse que des "protagonistes français" aient pu, avant l’arrêt du versement de ces commissions, bénéficier du versement de rétrocommissions. Il a toutefois refusé de confirmer les rumeurs sur un éventuel financement de la campagne d’Edouard Balladur, à l'élection présidentielle de 1995. "Seule la justice a les moyens effectifs de vérifier ce genre de rumeurs" a affirmé l’ancien premier ministre.