Juppé : "La France va mal et elle continue à aller mal"

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INTERVIEW E1 - Le maire de Bordeaux est sévère sur le constat, mais optimiste pour l'avenir car la France "a des atouts considérables".

L'INFO. Alain Juppé, maire de Bordeaux et candidat déclaré aux primaires UMP en vue de la présidentielle 2017, était l'invité d'Europe 1 mercredi matin. L'occasion pour lui, en cette période de vœux, de dire ce qu'il attend de la nouvelle année : "je ne suis pas venu ici pour faire des promesses mais dire que je vais défendre mes idées, travailler sur mon projet et m'adresser aux Françaises et aux Français en allant à leur rencontre car il faut sortir des salons parisiens. Donc je vais commencer à faire non pas des meetings mais des tables rondes. Je veux rencontrer des salariés, des chefs d'entreprise, des profs, des agriculteurs etc. On n'écoute pas assez ce qui vient du terrain."

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"De graves raisons d'être soucieux de l'état du pays". Interrogé sur l'optimiste de François Hollande lors de ses vœux, Alain Juppé assure que "la France va mal et elle continue à aller mal. Le chômage continue à progresser. Et même si le moral des Français semble se stabiliser, il n'est pas très élevé. L'investissement ne repart pas et donc nous avons de graves raisons d'être soucieux de l'état du pays. Même si le président essaie d'expliquer sa politique, il faut être lucide et jeter un regard clair sur ce qui se passe."

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"Il faut préparer le rebond". Près de 98 milliards d'euros. C'est la différence entre le Produit intérieur brut (PIB) du Royaume-Uni et de la France. Un écart qui relègue l'Hexagone au rang de 6e puissance économique mondiale, selon des chiffres publiés par la Commission européenne. Alain Juppé "ne se réjouit pas de ce déclassement de la France, que je regrette. Il faut préparer le rebond car je reste extrêmement confiant dans les chances du pays. On des atouts considérables, qu'il faut libérer."

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Et ce n'est pas la future loi Macron qui va régler les problèmes, selon lui : "c'est une loi fourre-tout, dont certaines dispositions ne vont pas dans la mauvaise direction mais qui n'est absolument pas à la hauteur des enjeux."

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"J'ai déjà annoncé la couleur sur un certain nombre de sujets". Si l'UMP s'oppose de façon disparate sur ce texte du ministre de l'Economie, difficile de trouver des solutions alternatives concrètes en provenance de l'opposition. "J'ai déjà annoncé la couleur sur un certain nombre de sujets. La présidentielle est en 2017 et la primaire en 2016 donc ce serait beaucoup d'arrogance intellectuelle de dire, en janvier 2015 : 'voilà ce que je vais faire en 2017 !'. J'y travaille et mon premier axe est de rétablir les conditions de compétitivité pour nos entreprises, c'est-à-dire agir sur le coût du travail, la durée du travail et la fiscalité du travail."