Juppé : "La France est-elle islamo-compatible ou pas ?"

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Juppé : "La France est-elle islamo-compatible ou pas ?"
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"Evidemment oui ", répond le maire de Bordeaux à "la vraie question" qu’il faille poser dans le débat sur l’identité nationale.

"J’ai manifesté un peu de scepticisme sur l’utilité des débats sur l’identité nationale", a déclaré Alain Juppé mercredi sur Europe 1. "Sauf si on pose la vraie question, il ne faut pas se cacher la face : est-ce que la France, est-ce que la République française est islamo-compatible ou pas ?" Et pour le maire de Bordeaux, la réponse est "évidemment oui."

"Toutes nos valeurs, liberté, égalité, fraternité, laïcité, respect de l’autre, nous conduisent à dire que la société française doit être accueillante et respectueuse des différences", a poursuivi l’ancien premier ministre. "A une condition : que devenir Français implique évidemment le respect d’un certain nombre de valeurs communes, et une certaine retenue." "Il y a en France des musulmans parfaitement en ligne" avec cela, a lancé Alain Juppé, prenant l’exemple de "l’imam de Bordeaux Tareq Oubrou, un homme qui défend absolument les valeurs de la République."

Regardez l'intégralité de l'interview d'Alain Juppé :

Interrogé sur la pertinence du grand emprunt, qu’il a été chargé d’élaborer, alors que les risques de surendettement menacent, Alain Juppé a répondu que "depuis 20 ou 30 ans, l’Etat n’investi[ssai]t plus pour préparer de l’avenir". Avec Michel Rocard, co-président de la commission sur le grand emprunt, "nous nous sommes dit qu’à condition de faire de cet emprunt une opération exceptionnelle, bien maitrisée, pour financer des dépenses d’avenir, ça valait la peine".

Sur la proposition de rendre optionnelle l’histoire en terminale S, le maire de Bordeaux a concédé que sa première réaction avait été "la surprise" : "Je pense qu’il faut rediscuter de cette affaire. La culture historique de nos bacheliers n'est pas top, alors pourquoi diminuer encore ?"

"Si on veut rappeler que notre identité nationale, c’est d’abord un patrimoine, un héritage, des valeurs qu’on a construites au fil des ans, il faut connaître notre histoire. On ne comprend bien son présent et son avenir que si on connaît son passé", a insisté l’ancien premier ministre, qui a conclu en citant – sans le savoir – l’écrivain Aimé Césaire : "Les peuples sans mémoire sont des peuples sans avenir."