Jospin : "nos concitoyens veulent de l’exemplarité"

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Jospin : "nos concitoyens veulent de l’exemplarité"
@ EUROPE 1
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INTERVIEW E1 - L'ex-Premier ministre est venu expliquer ses propositions au micro d’Europe 1.

L’heure est à la pédagogie. Après avoir remis son rapport à François Hollande, vendredi, Lionel Jospin est venu assurer le service après-vente de ses 35 propositions au micro de Nicolas Poincaré sur Europe 1. Et si Le Monde évoque un "big bang politique" sur sa Une, l’ancien Premier ministre estime, dans un sourire,  qu’"il faut être plus modeste. Mais si nous arrivons à faire évoluer le monde politique avec nos propositions, alors nous n’aurons pas perdu notre temps."

Proportionnelle. La commission Jospin propose l’introduction d’une dose de proportionnelle pour les élections législatives. 58 députés, sur 577 seraient élus selon ce mode de  scrutin. "On votera deux fois, mais en même temps : une première fois au scrutin uninominal pour un candidat clairement identifié, puis une seconde fois à la proportionnelle pour des représentants de partis politiques", a expliqué Lionel Jospin.

Puis, pour anticiper certaines critiques à venir, "l’homme du 21 avril 2002", a précisé que ce sont les autres commissaires qui ont refusé d’aller plus loin, alors que, pendant sa campagne présidentielle, François Hollande avait promis d'introduire une part de proportionnelle "d'environ 15%" pour les prochaines législatives, prévues en 2017. "J’étais presque surpris de voir que les membres de la commission étaient très attachés au maintien du fait majoritaire. Ils voulaient que les gouvernements puissent disposer d’une majorité stable et ils n’ont donc pas été tentés d’aller plus loin dans l’introduction de la proportionnelle."

Cumul. C’était peut-être le volet le plus attendu, et Lionel Jospin n’a pas failli aux objectifs qui lui avaient été fixés. "Nous proposons de rompre avec cette exception française. Il n’y a qu’en France qu’il y a un tel cumul de nos fonctions de nos parlementaires. Nous considérons que les ministres ne doivent avoir comme fonction que leur tâche ministérielle et ne doivent pas en plus être influencés dans leurs décisions par des intérêts locaux."

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Concernant les parlementaires, Lionel Jospin évoque "une démarche plus souple" car "un lien local serait maintenu, mais il ne serait plus possible de cumuler des fonctions exécutives. On pourrait être conseiller municipal, mais plus maire, par exemple. On ne peut pas remplir à mi-temps des fonctions à plein temps."

Statut pénal du président de la République. François Hollande voulait en finir avec l’immunité présidentielle, et celui qui l’a placé à la tête du PS en 1997 l’a écouté : "Nos concitoyens veulent de l’exemplarité de la part de leur dirigeant et que chacun soit traité de façon égal devant la justice. Pour les actes détachables de la fonction présidentielle, avec des protections particulières, le président doit pouvoir rendre compte de ses actes", a-t-il lancé, avant d’apporter une précision : "Aucune mesure privative de liberté ne peut être prise contre un président en exercice."