"Jeune musulman" : Nadine Morano a-t-elle dérapé ?

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"Jeune musulman" : Nadine Morano a-t-elle dérapé ?
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La secrétaire d'Etat à la Solidarité estime que ses propos tenus lors d’un débat sur l’identité nationale ont été sortis de leur contexte.

Nadine Morano a-t-elle dérapé ? Interrogée sur la compatibilité de l'islam avec la République à l’occasion d'un débat sur l'identité nationale à Charmes, dans les Vosges, lundi soir, la secrétaire d'Etat à Famille et à la Solidarité, a répondu ainsi : "Moi, ce que je veux du jeune musulman, quand il est français, c'est qu'il aime son pays, c'est qu'il trouve un travail, c'est qu'il ne parle pas le verlan, qu'il ne mette pas sa casquette à l'envers."

"Cette phrase est complètement sortie de son contexte", s’est défendue Nadine Morano mardi. "Nous parlions de la problématique des jeunes qui viennent des banlieues, et je disais qu'avec cette caricature, cette stigmatisation qu'il y avait, moi, je leur conseillais, non seulement de ne pas porter leur casquette de travers, de ne pas parler verlan." La secrétaire d’Etat a également expliqué, au cours du débat, que la double culture était "un atout".

Il suffira de visionner les images du débat pour se faire une opinion. En effet, Nadine Morano, sentant que ce débat pouvait être sensible, a pris les devants : "J'avais pris aussi la précaution, parce que ce débat me semblait extrêmement intéressant, de filmer l'intégralité de ce débat, qui sera mis en ligne sur internet."

Le choix de la ville Charmes, ville natale de l’écrivain nationaliste et antidreyfusard Maurice Barrès, pour organiser ce débat a également causé une polémique. Nadine Morano l’a balayée mardi : "Il ne s'agit pas de réhabiliter Maurice Barrès. Charmes, ce n'est pas que la ville de Maurice Barrès, c'est la ville où est né Maurice Barrès mais ce n'est pas ça le débat sur l'identité nationale."

Pourtant, lors du débat, le président de l'association locale "Mémoire de Barrès", invité comme "grand témoin" à la soirée, a exalté la pensée de l'auteur lorrain. Il a notamment assuré que "la patrie est plus forte dans l'âme d'un enraciné que dans celle d'un déraciné", et a défendu le "nationalisme de Barrès" par opposition au "cosmopolitisme".

Eric Besson, invité d'Europe 1 mardi soir, a défendu sa collègue ministre. "Ne soyez pas dupe de l’opération qui est en cours. Le Parti socialiste essaie de faire oublier qu’il a reconduit à la tête de la région Languedoc-Roussillon un homme [Georges Frêche] qui a pu traiter certains harkis de sous-hommes", a répliqué le ministre de l'Immigration.