Jean-Jacques Urvoas : "Nos palais de justice sont sinistrés"

  • A
  • A
522 partages

JUSTICE - Le garde des Sceaux a dressé un bilan sans concession et promis plus de moyens aux tribunaux français mardi sur Europe 1.

INTERVIEW

La situation critique du tribunal de Bobigny a jeté une lumière crue sur les manques de moyen de la justice en France. "Nos palais de justice sont sinistrés", a confirmé, mardi sur Europe 1, Jean-Jacques Urvoas. Le ministre de la Justice a martelé que sa "seule urgence, seule priorité, seule énergie, serait mise dans les moyens". "Ce que je découvre est pire que ce que je craignais. Dans toutes les juridictions, je constate des besoins, des manques et donc forcément, pour ceux qui viennent dans nos palais de justice, des attentes qui ne sont pas satisfaites", a concédé le garde des Sceaux.

Plus de moyens à Bobigny. Celui qui a remplacé Christiane Taubira au ministère de la Justice a d'ores et déjà pris des mesures pour améliorer la situation du tribunal de Bobigny. "Cette juridiction est sous-équipée", a t-il souligné. "Si vous voulez divorcer à Bobigny, il faut 14 mois pour voir le juge. A Paris, c'est trois mois." Un calendrier a donc été mis en place pour renforcer les effectifs. "En septembre 2017, il y aura à Bobigny ce qu'il faut en magistrats. Ils sont 177, ils seront 188", a promis Jean-Jacques Urvoas. En outre, la vingtaine de postes actuellement vacants "sera comblée en septembre 2016". En attendant, le garde des Sceaux prévoit de "mettre dix personnels administratifs à Bobigny pour soulager les greffiers et les magistrats".

Une justice sous-financée. Bobigny ne devrait néanmoins pas être la seule juridiction à bénéficier d'une aide. Jean-Jacques Urvoas a ainsi souligné que d'autres tribunaux, "Créteil, Meaux, sont dans la même situation". "Les chantiers de recrutement sont engagés", a assuré le ministre, qui a par ailleurs "réorienté 14 millions d'euros du budget du ministère [pour] surveiller les situations d'urgence". Selon l'ancien président de la commission des Lois de l'Assemblée nationale, ce déficit global de moyens s'explique par le fait que "la France sous-finance sa justice". "Chaque Français consacre 61 euros au fonctionnement de la justice, là où un Allemand en consacre 144", a t-il pointé.

>>Retrouvez l'interview de Jean-Jacques Urvoas en intégralité :


Tribunal de Bobigny, recrutement de magistrats...par Europe1fr