"Je ne suis pas raciste", se défend le préfet suspendu

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"Je ne suis pas raciste", se défend le préfet suspendu
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INTERVIEW EUROPE 1 - Paul Girot de Langlade affirme qu’il n’y avait "aucune ambiguïté" dans ses propos qualifiés de racistes.

"Je ne suis pas raciste et je tiens à l’affirmer avec vigueur", a lancé jeudi sur Europe 1 Paul Girot de Langlade. Le préfet a été suspendu début août par le ministère de l’Intérieur après avoir été mis en cause par trois employés d'une compagnie de sûreté aérienne devant qui il aurait tenu des propos racistes à Orly. "Je ne vois pas ce qu’il y a de raciste dans le fait de parler de l’Afrique. Il n’y avait aucune ambiguïté", a assuré Paul Girot de Langlade.

Le 31 juillet dernier, il était en transit entre deux avions et son appareil photo a déclenché l’alarme du portique de sécurité, affirme-t-il. "A partir de là, ça a été le bordel le plus complet. Je leur ai dit ‘avec une gestion pareille, on se croirait en Afrique’. Mais j’aurais pu aussi bien dire, si le contrôle s’était passé d’une façon rigoureuse : ‘on se croirait en Asie ou en Amérique’", a expliqué Paul Girot de Langlade. Il nie par ailleurs avoir dit : "De toute façon, il n'y a que des Noirs ici".

Paul Girot de Langlade revient sur ses déclarations à l’aéroport d’Orly au micro de Pierre de Cossette sur Europe 1 :

Au-delà des faits, Paul Girot de Langlade, qui était coordonnateur local pour la Réunion des Etats généraux de l'Outre-mer, repasse à l’offensive jeudi sur le plan politique. "Le ministre [Brice Hortefeux] s’est trouvé un bon moyen de se refaire une armure d’anti-raciste notoire sur le dos d’un préfet", a lancé le haut fonctionnaire suspendu sur Europe 1.

Des accusations déjà formulées jeudi matin dans les colonnes du Parisienet auxquelles a répondu l’entourage de Brice Hortefeux: "Il n’y a jamais eu le moindre coup monté".

Le dossier de Paul Girot de Langlade a été transmis au parquet de Créteil qui avait ouvert une enquête "injures publiques à caractère racial". Le procureur doit trancher dans les semaines à venir : engager des poursuites contre le préfet ou classer l’affaire. "Je suis maintenant un homme blessé et en colère", explique de son côté Paul Girot de Langlade qui annonce qu’il va engager des poursuites contre le MRAP, qui s’est placé du côté des plaignants dans ce dossier.