Incidents en Seine-Saint-Denis : "On est plutôt à la décrue"

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Pour Stéphane Troussel, président PS du Conseil général de Seine-Saint-Denis, la situation en banlieue n’est pas comparable à celle de 2005.

INTERVIEW

De nouveaux incidents ont éclaté lundi soir en Seine-Saint-Denis, mais aussi dans le Val d'Oise. Depuis plusieurs jours les heurts sont devenus quasi quotidiens en réaction à l’affaire Théo, un jeune victime d’un viol présumé à l’issue d’une interpellation musclée début février à Aulnay-sous-Bois. "Il y a encore des incidents, des incendies de véhicules et de poubelles, mais en tous cas j’ai le sentiment, d’après ce que me disent les autorités préfectorales, que l’on est plutôt à la décrue", a voulu rassurer mardi, au micro d’Europe 1, Stéphane Troussel, président PS du Conseil Général de Seine-Saint-Denis.

Plus la même situation qu'en 2005. Alors que le spectre des émeutes de 2005 semble planer sur ces incidents, Stéphane Troussel se veut plus modéré. "Nos quartiers ne sont pas dans la même situation qu’en 2005. Il suffit, par exemple, de se rendre dans une ville qui a été au cœur des émeutes de 2005 et qui a beaucoup changé : Clichy-sous-Bois. Un collège, une piscine ont été construites. Un commissariat et une agence Pôle emploi ont été inaugurés. La semaine dernière les rails du Tramway ont été posés. La situation physique de nos quartiers a beaucoup changé, l’espace public y est plus agréable", détaille Stéphane Troussel qui estime néanmoins que des efforts doivent être encore fait sur le plan social, en matière de chômage chez les jeunes et de lutte contre les discriminations.

Entendu sur Europe 1
Ce qui fait la légitimité de la police dans un Etat démocratique, c’est la confiance des citoyens

Police de proximité. Surtout, l'élu plaide pour un rétablissement de la police de proximité, afin, selon lui, de retisser un lien rompu entre citoyens et forces de l'ordre. "L’époque Sarkozy-Fillon, qui a vu la police de proximité supprimée, les effectifs réduits de 13.000 postes de policiers et de gendarmes, nous n’en sommes pas suffisamment sortis", estime-t-il. "Il faut rétablir une police de proximité, une police de contact qui n’est pas dans la projection quand il y a des incidents, mais une police du quotidien. Ce qui fait la légitimité de la police dans un Etat démocratique, c’est la confiance des citoyens", assure le socialiste.

"Un problème avec certains policiers". Concernant l'agression de Théo, Stéphane Troussel reconnaît "un problème avec certains policiers " mais refuse de faire des amalgames "avec la grande majorité" d'entre eux. "La France n’est pas un pays raciste et discriminant, mais il y a des discriminations et du racisme en France, et donc il y en a aussi dans la police". "On l’a vu avec ces policiers à Aulnay-sous-Bois dont le comportement est inacceptable", relève ce soutien de Benoît Hamon. "Il faut être intraitable, et tout ce qui doit permettre de prévenir ces comportements doit être développé", martèle-t-il, citant notamment "la généralisation des caméras embarquées " ou encore "l’expérimentation des récépissés en cas de contrôles d’identité", une mesure prônée par le candidat socialiste.