Hollande veut convaincre les électeurs du FN

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Hollande veut convaincre les électeurs du FN
@ PHILIPPE WOJAZER / POOL / AFP
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CONTRE-ATTAQUE - Le président a désigné dimanche son principal adversaire : c'est Marine Le Pen. Et il compte bien aller chercher ses électeurs "un par un".

"Madame Le Pen parle comme un tract du Parti communiste des années 1970". La saillie est signé François Hollande, dimanche sur Canal+, et elle tout sauf anodine. Car le président de la République a intégré que la présidente du Front national pouvait l'affronter au second tour de l'élection présidentielle en 2017. Après les cartons du FN aux dernières élections, il désigne donc son adversaire principal : c'est Marine Le Pen.

Prêt à un débat d'entre-deux-tours avec Le Pen. Le FN "n'est pas un parti républicain, c'est un parti dans la République", a déclaré François Hollande dimanche. Dans l'esprit du chef de l'Etat, ce serait une erreur de le nier et de se contenter de la diabolisation. François Hollande débattrait-il avec Marine Le Pen s'il se retrouvait face à elle au second tour de la présidentielle ? Oui, sans hésiter. Et il appelle d'ailleurs tous les ténors de son camp à faire de même. Pour lui, il faut débattre pied à pied avec le FN dès que c'est possible.

"La stratégie Valls avant les départementales était la bonne", explique un conseiller du président. Un autre proche décrypte : "depuis des mois, François Hollande s'est forgé sa conviction. Le gros des électeurs FN n'a pas de haine envers nous, mais est déçu par nos politiques. Il nous faut aller les chercher un par un".

"On peut s'étonner qu'il parle autant d'un parti politique, en l'occurrence le Front national, alors qu'il est aux manettes. Il devrait plutôt s'intéresser à la vraie vie des Français", dénonce pour sa part Florian Philippot, vice-président du FN, interrogé par Europe 1. "Il est obsédé par le Front national", ajoute l'eurodéputé.

Engager le dialogue. Toujours est-il que François Hollande compte bien traduire concrètement sa conviction dans les prochains mois. Les déplacements du président de la République vont ainsi se multiplier dans les endroits où le FN a fait de très hauts scores, pour essayer d'engager le dialogue avec ses électeurs.

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