Hollande : "Il n'y a pas d'alternative à gauche en dehors de la ligne que je représente"

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PLUS QUE LUI - Le chef de l'État a fait, mardi matin, un pas de plus vers la présidentielle, estimant que sa ligne politique était la seule à même de représenter la gauche pour l'élection.

INTERVIEW

François Hollande a longuement minimisé, mardi sur Europe 1, la division de la gauche. "Il y a toujours eu une gauche qui voulait gouverner et une autre qui ne le voulait pas", a t-il expliqué. Mais aujourd'hui, selon le chef de l'État, "il n'y a pas d'alternative de gauche, au sens où il n'y a pas un mouvement qui puisse accéder au second tour de l'élection présidentielle et conduire la destinée de la France sans notre appui."

En dehors de la ligne, point de salut. Pourtant, avec les séquences successives de la déchéance de nationalité, et surtout de la loi Travail, qui s'est soldée par un usage du 49-3, la gauche semble désormais définitivement fracturée. En signant une motion de censure, qui n'a échoué qu'à deux voix près, 25 frondeurs socialistes se sont exposés à d'éventuelles sanctions de la part du groupe socialiste à l'Assemblée et du PS. Et François Hollande ne semble plus soutenu que par une frange très restreinte de la gauche, entre la fronde et l'aile plus libérale qui lui préfère un Emmanuel Macron. Ce qui n'empêche pas le président de penser son parti comme le seul capable, à gauche, d'être à l'Élysée en 2017. "Il y a une alternative de droite, on la voit. Il peut y avoir des idées, des propositions, des ambitions de gauche, mais il n'y a pas d'alternative à gauche en dehors de la ligne que je représente."

Réponse à Montebourg. Disant cela, le chef de l'État répond non seulement aux frondeurs, qui réclament une inflexion de sa politique, mais aussi à son ancien ministre de l'Économie, Arnaud Montebourg. Ce dernier était, lundi, au Mont Beuvray, son traditionnel rendez-vous de la Pentecôte. Il y avait lancé un "appel" pour "construire un grand projet alternatif" pour la France dans les mois à venir. François Hollande minimise également les ambitions personnelles d'Emmanuel Macron, qui a lancé son mouvement "En Marche !" avec l'objectif de transcender les partis. Enfin, c'est une réponse à Jean-Luc Mélenchon, candidat déjà déclaré à la présidentielle. L'ancien coprésident du Parti de gauche, fort de sondages favorables, se verrait bien, lui aussi, incarner une alternative à la gauche de la gauche.