Hollande aurait-il dû parler de son opération ?

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Hollande aurait-il dû parler de son opération ?
François Hollande a été opéré en 2011 de la prostate@ MAXPPP
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Le chef de l’État a été opéré en 2011 mais ne l’a jamais évoqué. Et alors ?

L’INFO. "Tous les présidents ont menti sur leur état de santé, sciemment ou par omission", déclarait à L’Express, en avril 2012, Laurent Léger, co-auteur de "Le dernier tabou: révélations sur la santé des présidents". La remarque vaut-elle pour François Hollande ? On pourrait le croire. Le chef de l’État a en effet été opéré de la prostate en février 2011, révèle mercredi France Info. Or, si l’Élysée a bien confirmé l’information dans la foulée et assure que l’opération n’était pas secrète, l'intervention chirurgicale n'avait jusque-là jamais été rendue publique. Pour ne pas compromettre la future candidature à la présidentielle de François Hollande, "on a tout fait pour garder le secret à l’époque", confie d’ailleurs à Europe 1 l'un de ses proches, qui savait.

>> L’opération aurait-elle dû être communiquée avant? Un président est-il obligé de rendre le sujet public ? Qu’avait promis François Hollande ?

Que dit la règle ? Tous les présidents de la République se sont plus ou moins engagés à communiquer des informations sur leur état de santé, mais il n’existe aucune règle formelle. Même la constitution  ne stipule rien de précis. Les "bulletins de santé de l’Élysée", ces communiqués informatifs rédigés par le médecin chef de la présidence, sont donc publiés au bon vouloir de chaque président.

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Qu’avait promis François Hollande ? "Si je suis élu, il me semblera naturel de donner les informations utiles sur mon état de santé", avait promis le candidat socialiste en février 2012, dans une interview au Quotidien de médecin. Si l’hypertrophie de la prostate qui lui a valu une opération est bien "bénigne", comme l’assure l’Elysée, il n’était donc pas "utile" de la communiquer et François Hollande n’a pas trahi son engagement. Toutefois, le chef de l’Etat actuel n’est pas aussi transparent qu’il l’a promis. En juin 2012, il s’était en effet engagé à rendre public un bulletin de santé "tous les six mois". Or, il n’en a communiqué que deux depuis son élection, en juin 2012 et en mars dernier. Et le prochain sera publier début 2014.

Fait-il mieux que Sarkozy ? François Hollande reste (de ce que l’on en sait) le plus transparent sur le sujet. Nicolas Sarkozy avait également fait des efforts. Sous sa présidence, l’Elysée a en effet publié plusieurs bulletins et avait révélé, le 26 juillet 2009, qu’il avait fait un malaise le jour même, lors d'un jogging à Versailles, et avait dû être hospitalisé brièvement au Val-de-Grâce.
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© REUTERS

Mais Nicolas Sarkozy avait également été opéré d'un abcès à la gorge en octobre 2007, une intervention légère tue alors par l'Elysée. "Sarkozy avait promis un bulletin de santé par semestre, or il n'en a publié que 3 en cinq ans, celui d'août 2010 étant bidon puisque non signé par un médecin", raille également Laurent Léger dans L’Express.

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Et les autres ? A son accession au pouvoir, en 1995, Jacques Chirac promet de "donner toute information significative sur son état de santé". Il refuse, toutefois, de communiquer des bulletins réguliers. Et le 2 septembre 2005, il est hospitalisé pour un AVC dont les conséquences, marquées et durables, furent minimisées par l'Elysée. Le cancer de la prostate de François Mitterrand n’est, lui rendu public qu'en septembre 1992, alors que la maladie avait été diagnostiquée à l'automne 1981. Et son médecin personnel, Claude Gubler, révèlera après sa mort que les bulletins de santé qu'il s'était engagé à publier régulièrement étaient mensongers.

S’il avait promis, en 1974, de divulguer ses bulletins de santé, Valéry Giscard d’Estaing, élu à l’âge de 48 ans, ne l'a jamais fait. Gravement malade depuis plusieurs mois, Georges Pompidou décède lui le 2 avril 1974, à 62 ans, après moins de cinq ans de mandat. Or, la présidence se contente, au départ, de parler de «simples grippes». Enfin, on sait peu de chose de l’état de santé de Charles de Gaulle durant sa présidence, sinon que le 17 avril 1964, il est hospitalisé pour une ablation de la prostate.