Hollande au chevet des quartiers pauvres

  • A
  • A
Hollande au chevet des quartiers pauvres
@ MAXPPP
Partagez sur :

Le candidat PS veut créer un ministère de l’Égalité territoriale pour désenclaver ces quartiers. Europe1.fr liste ses propositions.

Opération banlieues. Alors que le collectif AClefeu, créé à Clichy-sous-Bois après les révoltes de 2005, a lancé le 20 février un Ministère des banlieues, François Hollande adapte son discours et évoque à son tour les quartiers populaires. Vendredi à Strasbourg, il a annoncé plusieurs mesures, afin de désenclaver ces territoires, avec notamment la création d'un ministère de l’Égalité territoriale. Europe1.fr dévoile les propositions du candidat socialiste.  

Les jeunes mieux encadrés. François Hollande mise sur les jeunes. C'est pourquoi ses principales mesures concernent leur emploi et l'éducation. Il souhaite ainsi des exonérations de charges pour les entreprises qui embauchent un jeune de ces quartiers pauvres. Le 20 février à Bonneuil, dans le Val de Marne, François Hollande avait parlé de la création de 150.000 emplois d’avenir pour faciliter l’insertion des jeunes dans l’emploi et l’action des associations, en priorité dans les quartiers populaires.

En outre, François Hollande souhaite que "toutes les classes préparatoires (accueillent) un enfant venant des banlieues". Quant à l’affectation des nouveaux personnels, il veut que priorité soit donnée aux écoles maternelles et primaires, ainsi qu’aux zones en difficulté.  

Privilégier l'accès aux soins. Le candidat socialiste propose des stages obligatoires pour les médecins en formation. "Je favoriserai des stages obligatoires des jeunes médecins dans les quartiers où il y a des déserts médicaux", a assuré le candidat socialiste. Il a également annoncé la création de plusieurs centres d'urgences. "Je m'engage à ce que personne en France ne soit éloigné d'un soin d'urgence de plus de trente minutes, il y aura des pôles de santé installés dans les quartiers", a-t-il ajouté.  

Des transports moins chers et plus de logements. François Hollande veut "généraliser la tarification solidaire, basée sur le quotient familial de l'usager, comme cela se fait à Strasbourg". Concernant le logement, il a promis un "élargissement de la taxe sur les logements vacants et de la taxe sur la cession des terrains à bâtir". A Marseille, le candidat socialiste avait promis de "multiplier par cinq" les pénalités des communes réfractaires à la loi SRU (loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains). Les communes devront en effet construire et assurer 25% de logement sociaux afin de permettre une meilleure répartition du logement social en France.  

Le 20 février, à Bonneuil, le candidat socialiste avait également souhaité favoriser la mixité sociale en imposant une règle des trois tiers bâtis : un tiers de logements sociaux locatifs à loyer modéré, un tiers de logements en accession sociale, un tiers de logements libres.

François Hollande avait aussi suggéré de rayer le mot "zones" du vocable urbain afin d'éliminer toute stigmatisation des habitants des actuelles "ZUS" (zones urbains sensibles). "Qui a envie de vivre dans une zone, d'appartenir à une zone ? Dans les quartiers, la République sera de retour après le mois de mai", avait-il proclamé.

Une banque publique d'investissement pour les quartiers difficiles. En meeting à Marseille, mercredi, le candidat socialiste souhaitait déjà "ramener la République" dans les quartiers difficiles. Il avait notamment proposé que la banque publique d'investissement, qu'il créerait au lendemain de la victoire au second tour, aurait une filiale spécialement dédiée aux quartiers.

Une aide sur-mesure pour les plus démunis. "Ceux qui vivent dans les territoires les plus défavorisés auront une politique amplifiée", a lancé François Hollande. "Toutes les politiques publiques, politiques de sécurité, seront amplifiées, démultipliées dans les quartiers", a-t-il assuré.

De nouvelles mesures, ou des précisions seront sans doute faites à l'occasion du "Grenelle des quartiers populaires" qui sera organisé par plusieurs élus de gauche le 31 mars à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis.