Hirsch renvoyé dans ses cordes

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Hirsch renvoyé dans ses cordes
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Luc Chatel est revenu, mercredi, sur le livre sorti par son ex-collègue.

"Quand on se veut chevalier blanc, il faut commencer par respecter la loi"… Le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel a rudement égratigné, mercredi, son ex-collègue Martin Hirsch pour son livre sur le conflit d’intérêts.

Dans Pour en finir avec les conflits d'intérêts, Martin Hirsch, aujourd'hui à la tête de l'Agence du service civique, révèle notamment que les anciens ministres des Postes comme Gérard Longuet ont pu bénéficier de la distribution lucrative de timbres de collection.

Copé et Longuet épinglés par Hirsch

Il demande également la transparence sur les revenus et sur les clients de Jean-François Copé, qui a conservé des activités d'avocat d'affaires parallèlement à ses fonctions d'élu et de patron des députés UMP.

Pour Luc Chatel, l'ex-haut commissaire aux Solidarités actives n’a, lui-même, pas respecté la loi en divulguant "des informations confidentielles auxquelles on a accès parce qu'on est membre d'une commission qui a été installée par le Parlement et qui vise à la transparence de la vie politique".

A la sortie de l’ouvrage, de vives critiques s’étaient déjà élevées dans les rangs du parti présidentiel, certains accusant Martin Hisrch d'avoir enfreint les règles de confidentialité de la commission pour la transparence financière de la vie politique, dont il a été membre.

Le livre de Hirsch repose la question du conflit d’intérêts

Ce livre a largement fait rebondir la question du conflit d’intérêts dans le débat politique, qui avait émergé avec l’affaire Woerth.

Reste qu’en France, cette notion de conflit d’intérêts n’a jamais été clairement définie et n’est pas punie sur le plan pénal. Elle semble toutefois poser de plus en plus questions sur le plan moral.

Si bien que le Parti socialiste a décidé de présenter, à l’Assemblée nationale le 14 octobre prochain, des propositions de loi pour encadrer les pratiques des hommes politiques.

De son côté, Nicolas Sarkozy a également lancé, au début du mois, une commission chargée de réfléchir "aux conflits d'intérêts dans la vie publique". Elle devrait rendre ses premières conclusions d’ici à la fin de l’année.

La droite divisée

Cependant, la majorité reste partagée sur la question. Jean-François Copé, par exemple, estime que la "loi actuelle sur les prises illégales d’intérêts suffit", rapporte La Croix. "Ce débat revient, une fois de plus, à taper sur les responsables politiques en les soupçonnant de tout. On perd le sens commun !", insiste le patron des députés UMP.

"On pourrait également demander le célibat des hommes politiques pour éviter le conflit d'intérêt avec les conjoints", ironise pour sa part, Gérard Longuet, mercredi sur Europe 1. "On pourrait leur demander de plus avoir d'enfants, si possible plus de parents et surtout pas de beau-frère", a-t-il poursuivi.

"On a déjà corrigé beaucoup d'excès, ayons confiance en des comportements responsables", ajoute Gérard Longuet. Par sûr que cela suffise.