Me Herzog : "Être mis en examen n’empêche pas d’être candidat à la présidentielle"

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L'avocat de Nicolas Sarkozy est revenu sur la mise en examen de son client mardi, pour dépassement de ses comptes de campagne.

INTERVIEW

Thierry Herzog se dit soulagé. "Après deux ans d’enquête, huit heures d’audition par les enquêteurs et onze heures dans le cabinet du juge Tournaire, l’affaire Bygmalion a été considérée comme ne concernant pas Nicolas Sarkozy", a jugé l'avocat de Nicolas Sarkozy mercredi dans la Matinale d'Europe 1. L'ancien chef de l'Etat a été mis en examen mardi par un juge d'instruction pour "financement illégal de campagne électorale pour avoir, en qualité de candidat, dépassé le plafond légal de dépenses électorales", selon le procureur de Paris François Molins. Il a également été placé sous le statut de témoin assisté pour les chefs d'usage de faux, escroquerie et abus de confiance, qui sont liés directement à la mise en place du système de fausses factures. L'homme de loi a indiqué que son client allait déposer un recours, sans donner plus de précisions.

Tacle à Alain Juppé. "Être mis en examen n’empêche pas d’être candidat à la présidentielle" de 2017, a surtout déclaré l'avocat. Nicolas Sarkozy, qui préside Les Républicains, n'a pas encore officialisé sa candidature à la primaire. Mais il a récemment publié un livre, La France pour la vie, avec lequel il espère probablement se remettre sur les rails face à ses rivaux, dont Alain Juppé. Thierry Herzog a d'ailleurs lancé une pique à ce dernier, sans le nommer : "Être condamné n’empêche pas d’être candidat à la primaire". L'avocat a par ailleurs refusé de confirmer ou d'infirmer la candidature de son client à la primaire.

Une "infraction formelle". L'avocat a tenu à faire la distinction entre les deux volets de l'affaire : le dépassement des comptes de campagne, qu'il a qualifié d'"infraction formelle" et l'escroquerie de Bygmalion. Il a rappelé que le Conseil constitutionnel avait déjà statué à ce sujet, en rejetant les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy en juillet 2013. "Ce dépassement a donné lieu à un remboursement de sa part qu’il n’était pas obligé d’effectuer, mais qu’il a tenu à faire avec, je le rappelle, une décision du Conseil constitutionnel, qui s’impose à toutes les juridictions, même celles de l’ordre judiciaire."

Thierry Herzog n'a pas dit s'il comptait déposer une QPC (question prioritaire de constitutionnalité), qui pourrait significativement ajourner le procès du président des Républicains et préserver son image. "Je ne sais pas", a-t-il exposé. "Je vais réfléchir, je vais envisager tous les aspects de la question."

"Respect mutuel". Il a insisté sur la présomption d'innocence qui s'exerce à l'encontre de Nicolas Sarkozy et a évoqué l'affaire Bettencourt, dans laquelle Nicolas Sarkozy avait bénéficié d'un non-lieu après une mise en examen. "La mise en examen, ce sont les indices, et le renvoi devant un tribunal ce sont les charges. On verra, le moment venu, ce que décidera le juge d’instruction". Selon lui, l'audition de Nicolas Sarkozy par le juge Serge Tournaire s'est passée dans un "climat de respect mutuel", malgré les fréquentes critiques de son entourage sur un éventuel acharnement de la justice.