Hamon : "Ignorer le fait Mélenchon serait de l’aveuglement"

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L’ex-candidat à la présidentielle estime que malgré ses désaccords, il doit travailler avec le leader de la France insoumise et tenir compte de son poids politique. 

INTERVIEW

Comme Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon est opposé aux ordonnances sur le travail, et il réclame leur retrait. Comme le leader de la France insoumise, l’ancien candidat à la présidentielle ira manifester le 23 septembre. Pour autant, l’ancien ministre de l’Education, qui sera aussi dans la rue le 12 septembre, met en avant ses différences avec celui qui s’est imposé comme le principal opposant à Emmanuel Macron. "Il faut pouvoir dialoguer avec la France insoumise, même si je ne partage pas sa stratégie notamment sur le coup d’état social", a expliqué Benoît Hamon sur Europe 1 jeudi matin.

"Il exsite, Mélenchon, que je sache". "On se parle. Il a fait 19%, ce n’est pas rien. Il a vocation à être une pièce essentielle", a insisté l’ex-ministre. "Ne pas dialoguer avec lui, ne pas considérer son poids politique serait une grave erreur. Ignorer le fait Mélenchon serait de l’aveuglement politique. Il existe, Mélenchon, à ce que je sache", a conclu Benoît Hamon.

"Est-ce qu'on s'aligne sur sa stratégie ? Non". Pour autant donc, pas d’alignement aveugle. "Est-ce que ça veut dire qu’on s’aligne sur sa stratégie ? Non. Je considère qu’elle a une pente sur les questions européennes et nationales qui ne me va pas", a tempéré Benoît Hamon. "C’est un engament qui pour moi est essentiel que de croire encore à la coopération entre les Etats au niveau européen."

"Je veux l'unité". Même réserve sur la stratégie de lutte contre les ordonnances. "C’est ridicule, quand les mots d’ordre sont les mêmes, de ne pas partager les mêmes combats", a-t-il déploré, alors que Jean-Luc Mélenchon organise sa propre manifestation le 23 septembre, alors que les syndicats défileront le 12. Benoît Hamon sera présent les deux fois. "Moi je veux l’unité. Et j’espère qu’après le 23 il y aura un autre rendez-vous social et qu’on retrouvera des syndicats et des forces politique sur un mot d’ordre identique." Un appel qui n'exclut pas tous ses ex-camarades du Parti socialiste, même si Benoît Hamon garde la dent dure contre ceux qui ont critiqué ses dépenses de campagne