Guéant lie halal et vote des étrangers

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Guéant lie halal et vote des étrangers
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Une nouvelle polémique a été lancée par le ministre de l'Intérieur.

Claude Guéant est de nouveau au cœur d’une polémique. Le ministre de l’Intérieur a dressé un lien entre le vote des étrangers et le halal à la cantine. Selon le ministre, accorder le droit de vote aux étrangers pourrait conduire à ce que "des étrangers rendent obligatoire la nourriture halal" dans les cantines. C’est ce qu’il a affirmé vendredi soir lors d'un meeting à Velaine-en-Haye près de Nancy.

"Si on reçoit moins d'immigrés, les choses se passeront mieux"

"Accepter le vote des étrangers, c'est la porte ouverte au communautarisme. Nous ne voulons pas que des conseillers municipaux étrangers rendent obligatoire la nourriture halal dans les repas des cantines, ou réglementent les piscines à l'encontre des principes de mixité", a déclaré Claude Guéant.

Et d’ajouter devant 300 personnes présentes à la réunion électorale. "Les étrangers doivent accepter nos règles, c'est à eux de s'adapter. Chacun comprend que si on reçoit moins d'immigrés, les choses se passeront mieux". Le ministre de l’Intérieur a également dressé un parallèle entre délinquance et étrangers en France. "Il y a 5,8% d'étrangers en France alors que 13% des condamnations concernent les étrangers: il y a du bon sens à remettre dans la gestion des affaires publiques", a estimé le ministre.

Écoutez les propos de Claude Guéant :





Des propos "nauséabonds"

Des propos qui ont suscité de vives réactions à gauche, à commencé par Manuel Valls, qui dans la soirée a publié plusieurs messages de protestations sur Twitter. "Guéant dépasse les bornes sur les étrangers, l'Islam, l'insécurité ou la Corrèze", a estimé le directeur de la communication de François Hollande sur le réseau social.



Des propos qu’il a jugé "nauséabonds" sur Europe 1 samedi matin. "Ils sont à l'image de la campagne de Nicolas Sarkozy", a-t-il ajouté. Selon lui, "C'est une manière de détourner l'attention des français, notamment sur le chômage, la précarité, le pouvoir d'achat, qui baisse. C'est une manière d'abaisser le niveau de la campagne" en général.

Écoutez Manuel Valls interrogé sur Europe 1 :





Valls : les propos de Guéant sont "nauséabonds"par Europe1fr

Même son de cloche du coté d’Harlem Desir qui a dénoncé sur Twitter "une nouvelle provocation d’un ministre à la dérive". Le numéro deux du PS estime que les propos tenus par Claude Guéant "ne font plus que salir la République, ce clan ne représente plus la France".



Pour Martine Aubry, première secrétaire du PS, Claude Guéant ne méritent que "du mépris". "Je suis triste qu'une ministre de l'Intérieur s'exprime ainsi. La République et la France méritent mieux", a-t-elle déploré avant le début d'un meeting du candidat socialiste.

Bernard Cazeneuve, porte-parole de François Hollande, a pour sa part ironisé sur la sortie de Claude Guéant. Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, réécrit "un petit précis de philosophie politique (...) destiné à la droite extrême", "'L'Etre et le Guéant'", a-t-il déclaré samedi à Dijon .

Le candidat Modem François Bayrou a dénoncé lui "un leurre qui vise à exciter la France et à exciter les peurs", France Terre d'Asile "la quête pathétique d'un ministre qui oublie les devoirs de sa charge, espérant faire bénéficier son camp de transfert de voix de quelques extrémistes".

Guéant doit s’en aller pour Buffet

L'ancien candidat du NPA à l'Elysée Olivier Besancenot a accusé samedi le ministre de l'Intérieur Claude Guéant de jouer "sur le terrain du racisme". Interrogé par RTL, l’ancien leader du NPA a estimé que "Claude Guéant est en train de lire un prompteur écrit par Marine Le Pen".

Pour sa part, la députée communiste Marie-George Buffet a estimé que le ministre de l'Intérieur devait quitter ses fonctions, à moins de "choisir les valeurs de la République". "On ne peut pas être ministre de l'intérieur de la République et tenir des propos xénophobes", écrit l'ancienne secrétaire nationale du PCF dans un communiqué.

Claude Guéant a toutefois reçu le soutien de Valérie Rosso-Debord, déléguée générale adjointe de l'UMP. Cette dernière a accusé samedi l'entourage de François Hollande "d'ouvrir les vannes de la haine" et d'attaquer Claude Guéant pour "allumer un contre-feu" après la visite du chef de l'Etat jeudi à Bayonne.