Grand oral devant les Jeunes socialistes : Benoît Hamon vainqueur à l'applaudimètre

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Les candidats à la primaire ont chacun à leur tour déroulé leurs propositions lors d'un grand oral organisé à Paris par le Mouvement des jeunes socialistes.

REPORTAGE

Les candidats à la primaire organisée par le PS n'ont pas le temps de souffler. Entre deux débats (jeudi dernier et dimanche), six d'entre eux (Sylvia Pinel était absente) étaient auditionnés samedi devant la convention nationale du mouvement des jeunes socialistes (MJS). Lequel a le plus convaincu ?

Hamon séduit. À en juger par l'applaudimètre, c'est Benoît Hamon qui s'en est le mieux sorti. Chouchou du mouvement de longue date, il a été attaqué toute la journée par ses concurrents, notamment sur le revenu universel. Mais lui se réjouit d'avoir imposé ce thème dans le débat. "Si je ne devais me réjouir que d'une chose, c'est que cette primaire qui devait avoir lieu sur les questions d'identité, de fermeté etc, elle a lieu sur les questions sociales grâce au revenu universel d'existence. Et que l'on soit pour ou contre, c'est une manière d'ouvrir le débat sur les questions sociales", a-t-il déclaré, défendant une mesure "non seulement réalisable mais souhaitable".

Peillon le tacle. Une manière pour Benoît Hamon de répondre à ses concurrents, et notamment à Vincent Peillon. L'ancien ministre de l'Education nationale s'est déclaré "assez malheureux" du contenu de la primaire, dirigeant ses critiques les plus claires vers Benoît Hamon. "Imaginez face à Fillon, dire 'oui, nous les socialistes on ne croit plus à la croissance, l'emploi va se détériorer, on va donc donner un revenu à tout le monde qui va coûter 400 milliards et pour ça on va taxer les robots'". "On n'est pas sur les vrais sujets, (...) on est sur des choses dont on sait qu'on ne les fera pas", a taclé Vincent Peillon.

Valls s'inquiète de la montée du FN. C'est Manuel Valls qui avait ouvert les débats samedi matin. Ce dernier a regretté une "rupture de confiance" entre la jeunesse et la gauche, rupture jusqu'à l'exode vers le FN. "Quand je me suis engagé en politique, il y avait cette idée que la jeunesse était forcément progressiste. Mais aujourd'hui, une partie de la jeunesse est tentée par l'extrême droite", a déploré l'ancien Premier ministre. 

Montebourg tend la main. Arnaud Montebourg a, lui, choisi de tendre la main à ses adversaires, saluant "des choses très positives qui viennent d'un certain nombre d'autres candidats", et notamment à Benoît Hamon. "Nous pouvons trouver des points d'accord avec Benoît" a-t-il assuré.

De Rugy le tacle. François de Rugy, candidat écologiste, a défendu sa proposition sur le vote obligatoire, la PMA pour tous, et le service civique obligatoire. Il a critiqué, sans le citer, Arnaud Montebourg, "le candidat qui propose (le retour du service militaire), et devrait y réfléchir à deux fois avant de poursuivre dans cette voie".

Les jeunes socialistes restent sceptiques. Education, formation ou encore service civique sont autant de thèmes qui ont été abordés samedi. Mais peu de déclarations ont été faîtes sur la jeunesse en tant que telle (Jean-Luc Bennahmias n'est pas encore passé). "C'est tant mieux", raille Lucien, jeune militant. "François Hollande avait dit : 'je suis le président de la jeunesse, on vivra mieux en 2017'. Mais on est toujours au même point"... D'autres, en revanche, auraient aimé entendre parler davantage de lycée, ou d'insertion professionnelle.