Gérard Larcher : "On a dit un peu n'importe quoi" sur l'affaire Pénélope Fillon

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Le président du Sénat défend François Fillon, mis en cause dans la suspicion d'emploi fictif de sa femme quand il était sénateur de la Sarthe.

INTERVIEW

Après les accusations d'emploi fictif visant sa femme, les proches de François Fillon contre-attaquent. Invité du Grand Rendez-Vous d'Europe 1 dimanche, Gérard Larcher, le président du Sénat, a pris la défense de François Fillon. "Il faut rappeler la présomption d’innocence. Imaginez ce que peut être la souffrance de ceux qui sont mis en cause", a-t-il affirmé, soutenu en studio par de nombreux hommes forts des Républicains : François Baroin, Christian Jacob, Bruno Le Maire, Thierry Solère, Xavier Bertrand, etc.

Pas d'irrégularité. "Est-ce qu'il y a eu irrégularité ? René Dosière (député PS, ndlr), qui n'est pas censé être un ami, a dit non. Est-ce que Penelope Fillon a bien travaillé ? François Fillon a dit oui", a résumé Gérard Larcher. Il pointe du doigt la confusion qui entoure le traitement du "Penelope Gate". "On a dit un peu n'importe quoi, notamment en ce qui concerne la rémunération de la femme de François Fillon". Et Gérard Larcher de donner des chiffres : "Un collaborateur parlementaire - c'est un motif de fierté - gagne en moyenne 3.250 euros brut pour les femmes et un peu moins de 3.000 euros pour les hommes. C'est un des seuls cas où les femmes sont mieux traitées que les hommes !"

Travail dans la Sarthe. Gérard Larcher soutient que Penelope Fillon exerçait bel et bien l'activité pour laquelle elle était employée par son mari. "Quand j'ai été dans la Sarthe, Madame Fillon était aux côtés de son époux et elle participait à nos travaux", se souvient celui qui fut élu sénateur pour la première fois en 1996. "C'est un contrat entre le parlementaire et son collaborateur, géré par une association de gestion qui s'occupe de la dimension sociale et administrative".

La nécessité d'apporter "des éléments de réponse". Toutefois, le président du Sénat convient que cette affaire "pose un problème vis-à-vis des Français". "A 90 jours de l'élection présidentielle, il est important que l'on apporte des éléments de réponse, dans la sérénité, la dignité et la clarté. C'est ce que nous devons aux Français". Sur la question de savoir si François Fillon, qui se présente comme le candidat de la probité, est encore audible après cette affaire, Gérard Larcher joue la carte de la transparence : "L’enquête ouverte doit être rapidement conclue et qu’on en tire les conséquences. Je fais confiance à la justice de mon pays mais la transparence a aussi des exigences. On ne peut pas clouer quelqu'un au pilori sur la base de la transparence".

Pas de plan B. Le sénateur des Yvelines n'envisage pas que François Fillon renonce à l'élection présidentielle. "Il n’y a qu’un plan, celui qui a abouti à l’élection de François Fillon à la primaire de la droite et du centre. S’il est mis en examen ? A chaque jour suffit sa peine. Dans cette hypothèse, François Fillon apportera les réponses nécessaires", martèle Gérard Larcher. Il n'envisage pas plus de bouleverser le programme du candidat pour séduire les électeurs du centre : "Il n'est pas question de toucher à l'axe principal du projet de François Fillon. C’est notre colonne vertébrale. Ensuite on apporte de la chair."