Génocide arménien: Hollande et Sarkozy s'évitent

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Génocide arménien: Hollande et Sarkozy s'évitent
Nicolas Sarkozy et François Hollande ont commémoré l'anniversaire du génocide arménien.@ REUTERS
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Les deux candidats ont participé, tour à tour, à la cérémonie de commémoration, mardi.

L'organisation de la cérémonie a été un vrai casse-tête. François Hollande et Nicolas Sarkozy ont tous les deux commémoré mardi le 97e anniversaire du génocide arménien, place du Canada, dans le 8e arrondissement de Paris. Les deux candidats ont appelé, tour à tour, à l'adoption d'un texte réprimant la négation de ce génocide.

Tout avait été soigneusement prévu pour que les deux finalistes de l'élection présidentielle ne se croisent pas. C'est François Hollande qui a parlé le premier, avant de laisser la place à Nicolas Sarkozy sous la statue de Komitas, un ecclésiastique arrêté et torturé en 1915. Pendant une dizaine de minutes, le candidat socialiste s'est exprimé devant des centaines de Français d'origine arménienne. La communauté arménienne compte environ 600.000 membres en France, pour la plupart dans les régions parisienne et marseillaise.

Une nouvelle loi sur le génocide

Le député de Corrèze a réitéré sa promesse d'une loi pénalisant la négation du génocide arménien. Une loi similaire a été adoptée il y a quelques mois, puis censurée par le Conseil constitutionnel. François Hollande a aussi tenu à rappeler son engagement pour la mémoire du génocide arménien.

"Chaque année, je viendrai participer à l'hommage, chaque année je partagerai votre combat pour la vérité et la justice", a-t-il lancé avant d'ajouter : "j'aimerais être le président qui, en 2015, pourra une nouvelle fois s'incliner pour le centenaire de ce qui a été le premier génocide du siècle".

Changement de décorum pour Sarkozy

Le candidat socialiste a ensuite plié bagages et le décorum a un peu changé, avec une tribune siglée "présidence de la République". Nicolas Sarkozy est en effet venu en tant que chef de l'Etat, pas en tant que candidat. Lui aussi a promis une nouvelle loi, pour le mois de juin.

"J'espère qu'un jour, et j'en suis sûr, dans les profondeurs de la société turque, il y aura des hommes et des femmes qui se diront 'On est un grand pays parce qu'on n'a pas peur de regarder notre passé'", a lancé le président-candidat.

La cérémonie a été très applaudie par une communauté arménienne qui a pu voir, au même endroit et à quelques minutes d'intervalle, le candidat favori et le président encore en exercice promettre quasiment la même chose.