Gaz : Fillon veut limiter la hausse

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Gaz : Fillon veut limiter la hausse
François Fillon veut une hausse du gaz inférieure à 5%. Une promesse pas facile à tenir.
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Malgré les injonctions du Conseil d’Etat, le Premier ministre refuse de dépasser les 5% de hausse.

Le Conseil d’Etat a beau dire, le gouvernement n’augmentera pas le gaz dans les proportions que réclame la plus haute juridiction administrative. François Fillon s’est montré très clair et très ferme sur la question mardi soir. "Je ne me résous pas à une augmentation de 10% du prix du gaz au mois de janvier", a lancé le Premier ministre sur France 2. "Je le dis clairement, je ne l’accepterai pas, je considère que c’est une augmentation qui est excessive, qui n’est pas supportable par nos concitoyens."

Une référence légale à prendre en compte

Le chef du gouvernement n'a toutefois pas détaillé la formule de calcul révisée qui permettra de contenir l'envolée des tarifs. "On est en train de négocier avec les différents partenaires pour faire en sorte que le droit soit respecté, naturellement, mais que le pouvoir d'achat de nos concitoyens soit préservé", a expliqué François Fillon.

Sauf que la tâche s’annonce rude. La formule de calcul officielle des prix aurait normalement dû conduire à une augmentation de 8,8 à 10% au 1er octobre, mais le gouvernement avait passé outre cette référence légale. Mais depuis la décision du conseil d’Etat, il faut faire avec. Selon un conseiller ministériel, il va falloir choisir qui faire crier, et à quel niveau, pour que le différentiel de 4 ou 5% de hausse manquant soit absorbé. Cela reposera a priori sur un nouvel effort demandé aux entreprises, et sur GDF qui devra rogner sur ses marges.

Le double pari de Fillon

Ps sûr que cela passe. En coulisses, les industriels s’étaient mis d’accord ces derniers jours avec le gouvernement pour accepter une hausse de l’ordre de 6% au lieu de 8%. Mais à 4%, une nouvelle action devant le conseil d’Etat est quasiment inéluctable. Il semble en fait que François Fillon fasse un double pari. D’un côté, comme l’automne a été très doux, la consommation de gaz a baissé de 15% par rapport à l’année précédente. Les hausses devraient donc être quasiment invisibles sur les factures.

L’autre pari est un peu plus risqué encore. Même si une hausse de 4% est illégale, le Conseil d’Etat n’aura sans doute pas le temps de se prononcer avant l’élection présidentielle. Et le gouvernement pourra arguer qu’il a tout fait pour préserver le pouvoir d’achat des français. Du moins sur cette question.