Frappes en Syrie : "Emmanuel Macron veut montrer les muscles", estime Sébastien Chenu

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Pour le député FN, interrogé par Europe 1, l'intervention de la France contre le régime de Damas est illégitime.

INTERVIEW

Les frappes françaises en Syrie sont loin de faire l'unanimité dans la classe politique. "Emmanuel Macron veut montrer les muscles et puis un peu détourner de l'attention", a ainsi estimé Sébastien Chenu, le porte-parole du Front national, invité lundi d'Europe 1 Bonjour. "On ne peut pas invoquer le droit international et ne pas le respecter. C'est ce qu'a fait Emmanuel Macron avec un concept juridique un peu particulier, nouveau, qui n'existe pas, et derrière lequel il se réfugie : celui de 'légitimité internationale'", avance-t-il.

"Une guerre qui n'est pas la nôtre". Pour le député du Nord, l'attaque contre le régime de Damas, en réaction à l'utilisation d'armes chimiques, et conduite en collaboration avec Washington et Londres, a été déclenchée de manière hâtive, sans preuves concrètes. "On doit rassembler des preuves, mener une enquête, obtenir un mandat de l'Onu, les choses se font comme ça avec le droit international", martèle Sébastien Chenu. "Ne pas le faire, piétiner le droit international, rend peu crédible celui qui le fait", ajoute-il.

"J'aurais préféré que le président remette de l'ordre dans la ZAD et dans les facultés françaises plutôt que d'aller guerroyer dans une guerre qui n'est pas la nôtre", a-t-il encore taclé.

"Une déconstruction méthodique". Commentant l'interview fleuve donnée dimanche soir par Emmanuel Macron sur BFMTV/RMC et Mediapart, l'élu frontiste a également déploré le manque de vision, selon lui, du chef de l'Etat. "Emmanuel Macron ne fait pas de la politique avec un grand 'P', c'est-à-dire ne nous emmène pas vers un cap, vis à vis d'un dessein qu'il aurait imaginé pour notre pays. Il applique une feuille de route qui est celle de l'UE, et dans tous les domaines. Il déconstruit notre pays, dévisse, déboulonne", estime cet ancien membre de l'UMP. "On peut appeler ça des réformes, moi, j'appelle ça une déconstruction méthodique de la France", conclut-il.

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