François Hollande sort le chéquier pour les maires de France

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François Hollande sort le chéquier pour les maires de France
Les maires de France réunis dans l'Hérault en 2009@ PASCAL GUYOT / AFP
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Après le dégel du point d'indice des fonctionnaires, ce sont cette fois les élus locaux qui vont bénéficier d'un coup de pouce.

INFO EUROPE 1

A un peu plus d'un an des élections présidentielles et alors que François Hollande attaque sa dernière année de quinquennat, le président de la République sort le chéquier. Et après le dégel du point d'indice des fonctionnaires, ce sont, cette fois-ci, les élus locaux qui vont toucher leur chèque. 

Pour les 36.000 maires de France. C'est aux 36.000 maires de France que François Hollande réserve un joli cadeau. Ces élus auxquels les Français sont si attachés et qui sont considérés comme des relais d’opinion extrêmement influents jusque dans les petits recoins du pays. François Hollande en fera l'annonce officiel fin mai au Congrès des maires de France.

3,7 milliards d'euros de cadeau. Et le cadeau, c'est que le gouvernement renonce au troisième tiers de la baisse de la dotation aux collectivités locales. Les 3,7 milliards d'euros qui devaient être supprimés du budget 2017 seront finalement bien touchés par les collectivités locales. C’est donc un énorme ballon d’oxygène pour les territoires. En contrepartie, les collectivités devront s’engager à consacrer ces fonds à l’investissement, notamment dans les travaux publics, un secteur clé pour l’emploi qui tourne au ralenti depuis que l’Etat a serré la ceinture aux mairies et aux intercommunalités.

L'Etat en a-t-il les moyens ? Après les fonctionnaires, maintenant les maires, on peut donc se demander si l'Etat a vraiment les moyens d'aider tout le monde, d’autant qu’il y a aussi le plan d’aide aux agriculteurs. Un milliard d’euros pour les agriculteurs, 2,4 milliards d'euros pour le point d’indice des fonctionnaires, 3,7 milliards d'euros aux collectivités, l’addition pour l’Etat se chiffre déjà à presque 7 milliards d’euros. Une addition salée donc, et même si Bercy s’apprête à annoncer que le déficit sera moins élevé que prévu cette année, les marges de manœuvres ne sont pas suffisamment confortables pour que l’on puisse régaler tout le monde.

Une stratégie préélectorale. Mais nous sommes en année préélectorale, et dans une élection présidentielle, les fonctionnaires, les agriculteurs et les maires sont des clientèles très influentes. Tant pis, donc, si Bruxelles tousse un peu, l'objectif est que tous ces milliards d’euros se transforment en millions de voix. Une stratégie qui est loin d'être gagnée puisque les fonctionnaires, par exemple, ont en travers de la gorge les six ans de gel du point d’indice et ce n’est pas le point d'indice de cette année qui fera passer la douleur. Mais l'objectif du gouvernement est d'essayer d’apaiser les tensions. Et, dans cette stratégie, François Hollande qui a une solide expérience de la politique locale, sait que les maires sont des acteurs décisifs de la vie publique et qu’il vaut mieux éviter de se les mettre à dos.