François Fillon recadre Chantal Brunel

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François Fillon recadre Chantal Brunel
François Fillon à l'Assemblée nationale@ MAXPPP
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A l’Assemblée, il s’est désolidarisé mardi des propos de la députée UMP sur l'immigration.

"Je sais bien que depuis quelques jours c'est l'extrême droite qui fixe le calendrier médiatique et politique. Et bien cela doit cesser ! Et pour que cela cesse, chacun doit prendre ses responsabilités", a insisté François Fillon, mercredi à l’Assemblée nationale. Le Premier ministre intervenait au lendemain de propos polémiques tenus par la députée UMP, Chantal Brunel.

L'ancienne porte-parole du parti majoritaire a, en effet, suggéré mardi de remettre "dans les bateaux" les candidats à l'immigration en Europe venus de la rive sud de la Méditerranée. Elle était alors interrogée dans les couloirs de l'Assemblée sur les sondages donnant Marine Le Pen, présidente du Front national, en tête du premier tour de la présidentielle.

"Chantal Brunel a tenu des propos que nous n'approuvons pas"

"Derrière chaque migrant il y a une destinée humaine qui doit être respectée. Chantal Brunel a tenu des propos que nous n'approuvons pas et sur lesquels elle s'est excusée", a déclaré François Fillon, sous les yeux de l'intéressée.

Le Premier ministre a ensuite contre-attaqué en disant regretter "que l'opposition se saisisse de ces quelques phrases pour se donner bonne conscience et pour faire des amalgames douteux". "Nous avons la responsabilité collective d'élever le débat républicain et d'engager la prochaine campagne présidentielle projet contre projet et pas invective contre invective", a poursuivi le chef du gouvernement.

"Le sujet est clos"

"Il n'est absolument pas question de sanctionner" Chantal Brunel, a, par ailleurs, précisé le patron des députés UMP, Christian Jacob, mercredi soir sur Europe 1. Désormais, "le sujet est clos", a-t-il insisté.

Chantal Brunel n'a plus à ses justifier devant l'UMP :

Le FN "constate que des élus UMP partagent nos opinions"

Mardi soir, sur le site NouvelObs.com, Chantal Brunel avait dit regretter que ses propos aient choqué, sans s'amender sur le fond. "Si j'ai pu blesser quelqu'un en utilisant des mots qui ont pu choquer, je m'en excuse, mais vraiment, si on ne peut plus utiliser des mots qui ont été utilisés par le Front national, nous allons faire son lit", avait-elle jugé.

Des excuses peu satisfaisantes pour l’opposition qui s’est dite, par la voix de Martine Aubry, "effrayée" et "scandalisée" par ses propos. "Les Français n'aiment pas que la France soit abîmée, soit montrée du doigt. Des propos comme ceux-là, ça n'est même pas la peine d'en parler, c'est tout simplement la France qu'on n'aime pas", a-t-elle indiqué, mercredi à Saint-Etienne.

Pour sa part, Marine Le Pen, dans une interview au journal Midi Libre, a estimé "qu'une fois de plus je constate que des élus UMP partagent nos opinions mais n'ont pas le courage de les appliquer".