François Fillon dans la tourmente

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François Fillon dans la tourmente
François Fillon est dans la tourmente depuis les révélations du Canard Enchaîné.
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L'affaire Penelope Fillon fragilise le candidat de la droite, qui doit tenir un grand meeting dimanche. Deux auditions ont eu lieu vendredi.

François Fillon dans la tourmente après les soupçons d'emplois fictifs visant sa femme Penelope. Malgré son passage au 20 Heures destiné à lancer la contre-offensive, jeudi, le candidat de la droite pour la présidentielle est toujours en difficulté. Dans les sondages, où sa popularité est en baisse et ce, avant un grand meeting censé relancer sa campagne, dimanche. Sur le plan judiciaire ensuite : deux auditions ont eu lieu vendredi, 48 heures après l'ouverture d'une enquête préliminaire par le parquet national financier. 

Qu'est-il reproché à Penelope Fillon ? Le Canard enchaîné a révélé mercredi que l'épouse de François Fillon a été rémunérée à hauteur de 500.000 euros pour un poste d'attachée parlementaire, entre 1998 et 2013. Si un député peut légalement employer son conjoint comme attaché parlementaire, c'est la nature du travail réalisé par Penelope Fillon qui pose problème : selon les témoignages recueillis par l'hebdomadaire, peu de personnes travaillant à l'Assemblée l'auraient côtoyé dans les couloirs du Palais-Bourbon. Il pourrait s'agir davantage d'un emploi fictif.

De mai 2012 à décembre 2013, Penelope Fillon aurait aussi été "conseiller littéraire" de la Revue des deux-Mondes, propriété de Marc Ladreit de Lacharrière, PDG de Fimalac et ami de François Fillon. Elle touchait alors environ 5.000 euros brut par mois pour cet emploi, que le directeur de la revue à l'époque, Michel Crépu, conteste : elle "a bien signé deux ou peut-être trois notes de lecture", mais "à aucun moment (...) je n'ai eu la moindre trace de ce qui pourrait ressembler à un travail de conseiller littéraire", a-t-il affirmé dans les colonnes du Canard Enchaîné

François Fillon a-t-il fait travailler d'autres membres de sa famille ? Oui. Pour contrer de nouvelles fuites éventuelles, François Fillon a révélé sur TF1 qu'il lui était "arrivé de rémunérer, pour des missions précises, deux de [ses] enfants avocats en raison de leurs compétences". Il s'agirait de ses enfants Marie et Charles, avec qui il aurait collaboré de 2005 à 2007, lorsqu'il était sénateur de la Sarthe. A l'époque, sa fille aînée avait entre 23 et 25 ans, son fils avocat entre 21 et 23 ans. Et selon franceinfo, qui a consulté l’annuaire du barreau de Paris, aucun des deux n’était formellement avocat. Marie et Charles étaient alors spécialisés en droit des affaires. 

Où en est l'enquête ? Quelques heures après la parution de l'hebdomadaire, mercredi, le parquet national financier a annoncé l'ouverture d'une enquête préliminaire pour "détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et recel de ces délits". Jeudi, François Fillon a contre-attaqué en remettant à la justice des "pièces", attestant selon son avocat du travail de Penelope Fillon comme attachée parlementaire. 

L'ex-directeur de la Revue des Deux Mondes Michel Crépu et Christine Kelly, biographe de François Fillon, qui avait interviewé Pénélope Fillon en 2007 et qui n'a "jamais entendu dire que Mme Fillon travaillait", ont tous deux été entendus par les enquêteurs du parquet financier, vendredi. 

Quel impact sur sa campagne ? Depuis les révélations du Canard enchaîné, la campagne du candidat de la droite à l'élection présidentielle est polluée par cette affaire, notamment en termes d'image : le candidat a fait de sa probité un des axes majeurs de sa communication lors de la primaire de la droite face à Alain Juppé et Nicolas Sarkozy. "Une seule chose pourrait m'empêcher d'être candidat, c'est si mon honneur était atteint, si j'étais mis en examen", a-t-il déclaré au JT de TF1. Pour l'instant, ce n'est pas le cas, mais le risque existe. Au cas où il devrait renoncer, Alain Juppé a exclu vendredi matin d'être un recours. Une déclaration qui n'a pas plu au camp filloniste. "Ça instille l'idée qu'un retrait de François Fillon est possible", souffle un de ses lieutenants, contacté par Europe 1.