FMI : la piste Lagarde se précise

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FMI : la piste Lagarde se précise
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Lassée des intrigues politiciennes, elle profite des réunions du G20 pour défendre sa candidature.

Christine Lagarde a battu le record de longévité à la tête du ministère de l'Economie, mais cela pourrait ne pas durer. Actuellement pressentie pour être désignée candidate au poste de député des Français de l’étranger de la zone nord-américaine, Christine Lagarde pourrait finalement rejoindre la direction du FMI.

La ministre de l’Economie se montre de plus en plus décidée à candidater pour prendre la succession de DSK à la tête du Fond Monétaire International (FMI). Un scénario d’autant plus probable qu’elle dispose de nombreux atouts, mais aussi qu’elle n'apprécie des manœuvres politiciennes inhérentes à toute campagne politique.

Une lassitude de la politique

Christine Lagarde avait prévenu : une fois sa mission à Bercy terminée, elle souhaitait retourner aux Etats-Unis, où elle a travaillé 23 ans durant et a ses habitudes. Elle ne souhaite pas s’éterniser dans la vie politique française, dont elle n’apprécierait pas les coulisses et la violence.

La dernière année avant l’élection présidentielle étant synonyme d’un regain de tension, la ministre ne verrait pas d’un mauvais œil un départ dès 2011. D’autant que ses relations avec son voisin François Baroin, ministre du Budget, se sont progressivement dégradées.

"Si ça arrête, je rebondirai ailleurs, autrement. Je ne serai pas sans occupation", avait-elle déjà confié début mai à Europe 1, avant d’ajouter : "je regarde avec beaucoup d'intérêt du côté de l'Amérique et du Canada".

Profiter du G20 pour faire campagne

L’autre atout de la ministre de l’Economie est d’être chargée de superviser l’organisation du G20. Le rendez-vous des principales puissances économiques mondiales est organisé cette année par la France, avec une grande réunion à Deauville les 26 et 27 mai.

Ce sont donc autant de réunions au cours desquelles elle peut défendre sa candidature auprès des chefs d’Etats et des ministres de l’Economie étrangers. Un procédé qu'elle avait déjà expérimenté avec succès pour être élue à la tête du cabinet d'avocats Baker & McKenzie.

Elle ne devrait pas avoir besoin de convaincre des Européens qui se sont déjà concertés. Une source européenne a glissé vendredi soir que la Française était déjà "quasiment intronisée". Reste donc à convaincre les puissances émergentes, Brésil et Russie en tête, l'Afrique du Sud et les pays asiatiques étant prêt à soutenir sa candidature.

Un obstacle judiciaire de taille

Plusieurs obstacles se dressent néanmoins sur sa route, dont l’examen par la justice du règlement de l’affaire opposant Tapie au Crédit Lyonnais. Candidater à la tête du FMI avec le risque d’être rattraper par la justice est un risque que l’institution ne peut pas se permettre.

C’est pourquoi la droite serait, selon les informations d'Europe 1, en train de demander à la gauche de ne pas prolonger la procédure si Christine Lagarde est blanchie. Mais, les magistrats, eux, ont besoin de temps et ne rendront sans doute pas un arbitrage avant l'été. Qui plus est, ils ne se laisseront pas dicter leurs conclusions par la classe politique.