Fin de l'enquête judiciaire sur le financement des campagnes du FN

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Fin de l'enquête judiciaire sur le financement des campagnes du FN
Une affiche du Front National.
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Après de nombreuses auditions et dix mises en examen, l'enquête judiciaire sur le financement du FN est terminée.

Les juges d'instruction ont terminé mercredi leurs investigations dans l'enquête sur des soupçons de surfacturations dans les campagnes électorales de 2012 du Front national, qui est mis en examen comme deux de ses vice-présidents, a appris l'AFP de source judiciaire.

Marine Le Pen témoin assistée. Marine Le Pen avait elle-même été entendue la semaine dernière, mais les juges avaient décidé de ne pas la mettre en examen et de la placer sous le statut intermédiaire de témoin assisté. Un autre cadre du parti, le maire d'Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), Steeve Briois, a lui aussi été entendu comme témoin assisté mercredi, avant la clôture de l'enquête. La fin des investigations ouvre un délai durant lequel les mis en examen peuvent demander de nouveaux actes d'enquête, avant que le parquet de Paris prenne ses réquisitions puis que les juges d'instruction décident ou non d'un renvoi en procès. Le FN a d'ores et déjà saisi la cour d'appel pour faire annuler une partie de la procédure.

Un possible système frauduleux. Le Front national dénonce un dossier vide, instruit à charge sur ordre du pouvoir politique pour le gêner d'ici la présidentielle de 2017. Au cœur de l'enquête, une société amie du FN, Riwal, gérée par Frédéric Chatillon, ancien dirigeant du syndicat d'extrême droite GUD et très proche de Marine Le Pen. En cause, pour les législatives de 2012, des kits de campagne (tracts, affiches, cartes postales) à 16.650 euros, fournis par Riwal à 525 candidats frontistes, via des prêts consentis par un microparti satellite du FN, Jeanne.

Surfacturation. Les enquêteurs soupçonnent derrière ce montage complexe des prestations gonflées et surfacturées au détriment de l'Etat, qui rembourse les frais de campagne aux candidats faisant plus de 5%. Le parti conteste toute surfacturation. Autre sujet d'investigation, les intérêts d'emprunt facturés par Jeanne à ses candidats, à 6,5%, soit environ 1.000 euros par kit, et remboursés partiellement par l'Etat. Les enquêteurs s'interrogent sur la réalité de ces prêts, Riwal ayant avancé les frais à Jeanne.

Dix mises en examen. Dix mises en examen ont été prononcées par les juges d'instruction, notamment pour escroquerie, abus de biens sociaux, recel et complicité. Outre deux vice-présidents du parti, Jean-François Jalkh et le trésorier Wallerand de Saint-Just, ainsi que le FN en tant que personne morale, plusieurs proches de Marine Le Pen sont visés, comme Frédéric Chatillon et l'élu frontiste Axel Loustau. Jeanne et Riwal sont aussi mis en examen.