Évasion de Redoine Faïd : la prison de Réau "est adaptée pour ce type de détenus"

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Afin de couper court aux débats sur les conditions d'incarcération du braqueur, la garde des Sceaux a répondu mardi à l'Assemblée aux critiques des syndicats de surveillants. 

La garde des Sceaux Nicole Belloubet a répondu mardi aux critiques syndicales sur le lieu d'incarcération du braqueur Redoine Faïd, qui s'est évadé dimanche par hélicoptère du centre pénitentiaire de Réau, en Seine-et-Marne, en réaffirmant que cette prison était "adaptée pour ce type de détenus".

"Le centre pénitentiaire de Réau est une prison moderne, sécurisée. Elle est donc adaptée pour accueillir un type de détenus, comme Redoine Faïd", a expliqué la ministre de la Justice lors des questions d'actualité à l'Assemblée nationale en précisant que l'établissement ne souffrait "pas de sous-effectif en terme de personnel". "Le régime" d'incarcération de Faïd, "DPS (détenu particulièrement signalé) était spécifiquement adapté à une prise en charge nécessitant une surveillance renforcée", a ajouté la ministre afin de couper court aux débats sur les conditions d'incarcération du braqueur, déjà auteur d'une spectaculaire évasion à l'explosif en 2013 de la prison de Lille-Séquedin.





Pour Emmanuel Baudin, secrétaire général de FO pénitentiaire, Faïd "n'était pas dans le bon établissement". "On aurait dû le mettre dans une centrale sécuritaire, comme Condé-sur-Sarthe ou Vendin-le-Vieil", a déclaré le syndicaliste.

La ministre avait reconnu sur Europe 1 une "possible défaillance". La ministre, qui avait reconnu sur Europe 1 lundi "une possible défaillance", a réaffirmé devant l'Assemblée vouloir comprendre "comment cette évasion a pu se produire". Elle a rappelé avoir pour cela diligenté "une mission" d'inspection générale de la justice dont les conclusions, a-t-elle annoncé, seront rendues "d'ici une quinzaine de jours". "Je suis, bien sûr, tout à fait disposée à venir présenter les résultats de cette inspection devant la représentation nationale dès que possible et en toute transparence", a déclaré la garde des Sceaux expliquant vouloir porter "un regard clinique" sur cette évasion et en tirer "toutes les conséquences", y compris pour mesurer les défaillances et prendre les éventuelles sanctions qui s'imposeraient, si cela est nécessaire.

Les surveillants disent avoir alerté sur l'imminence d'une évasion. Concernant les signaux d'alerte qui auraient pu être lancés avant l'évasion, la ministre a dit souhaiter "qu'il puisse être vérifié qu'ils aient bien été pris en compte". Selon des extraits de courriels publiés par Le Figaro, la Direction interrégionale d'Ile-de-France avait averti qu'il existait une "menace sérieuse (de) passage à l'acte" de la part de Redoine Faïd, estimant que le mois de septembre proposé par la Direction de l'administration pénitentiaire (DAP) pour son transfert dans une autre prison n'était "pas raisonnable" et impliquait des "risques graves" pour les personnels. "Ces extraits ne rendent pas compte de l'ensemble et de la complexité des échanges entre services", a réagi la DAP.