Europe : ces députés qui embarrassent Hollande

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Europe : ces députés qui embarrassent Hollande
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FRONDE - A gauche, ils sont nombreux à réclamer l’abandon de la politique d’austérité européenne.

La fronde des élus PS. S’ils voulaient ruiner les efforts de l’Elysée, ils ne s’y seraient pas pris autrement. Mardi soir, un colloque réunira une cinquantaine de députés socialistes, un ministre - Arnaud Montebourg - et le président de l'Assemblée Nationale Claude Bartolone. Objectif : torpiller la feuille de route franco-allemande et enterrer la politique de réduction des déficits, car "elle a échoué", affirme François Kalfon, l’un des organisateurs.

28.11 Arnaud Montebourg Assemblée

© Max PPP


Le contexte.  Un nouveau Conseil européen se tient les 27 et 28 juin. Un rendez-vous attendu en France, alors que l’attitude de François Hollande à l’égard de Bruxelles interpelle, lui qui a appelé de ses vœux une gouvernance économique européenne, tout en recadrant fermement la Commission européenne quand elle donne des conseils à Paris sur les réformes à entreprendre.

L'argumentaire des frondeurs. Parce que la crise est toujours là, ce qui démontre, selon eux, l’inefficacité de la politique menée, ces députés estiment qu’un changement de cap est nécessaire. Et le leur est plus radical : instauration immédiate d’un Smic européen, plan d’investissement européen massif par l'emprunt, assurance chômage européenne et acclération de la mise en oeuvre du pacte de croissance de 120 milliards d'euros. En clair, recréer de la dette et augmenter les dépenses. Bref, l'inverse du sérieux budgétaire fixé et réaffirmé par le président. "Mais n'allez pas dire qu'on est dans l'opposition frontale", se défend un organisateur.

Ce turbulent Parti socialiste. Les élus ne sont pas seuls. Dimanche prochain se tiendra une convention sur l’Europe au PS. Et déjà, les esprits s’échauffent. En fin de semaine dernière, les militants socialistes ont voté sur le texte censé définir la ligne du parti sur ce sujet. Pour éviter un camouflet, Harlem Désir, patron de la rue de Solferino, s’est débrouillé pour qu’un seul texte soit présenté. Charge à l’aile gauche  du PS de le contester en présentant des amendements.

Or, selon la direction, aucun des 13 amendements n'a atteint la barre des 30 %, nécessaire pour être pris en compte. "Harlem Désir a dû promettre au gouvernement qu'il n'y aurait pas de problème avec cette convention. Il a inventé une méthode de calcul absurde. Ils vont être obligés d'intégrer nos amendements. Sinon il y aura une grosse polémique", a menacé dans Le Figaro Guillaume Balas, le secrétaire général d'Un monde d'avance, le courant de Benoit Hamon.