Euro 2016 : quand la politique s'invite dans le football

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L'euro 2016 de football a aussi son versant politique. Pendant un mois, nombre de chefs d'Etat vont défiler à Paris et entameront d'intenses échanges diplomatiques. 

La diplomatie du ballon rond. Si les chefs d'Etat européens se déplacent à Paris pendant l'Euro 2016, c'est d'abord pour soutenir leur équipe nationale. Côté football, le prince de Galles Charles et ses deux fils, les princes Harry et William, seront par exemple à Lens le 16 juin pour soutenir le Pays de Galles contre l’Angleterre. Côté diplomatique, François Hollande croisera une vingtaine de chefs d’Etat pendant un mois. Or que font deux chefs d’état assis côte à côte pendant 90 minutes dans une tribune ? Ils parlent de football et de politique ! Cela s'appelle "la diplomatie du ballon rond". Ce sera notamment l'occasion pour le président français d'amorcer une prise de contact avec le nouveau président portugais et avec le chancelier autrichien, qui vient d’être nommé.

L'Euro et le Brexit. Mais le moment où l’euro de foot va basculer dans la politique - au moins en tribune officielle -, est le 23 juin, jour du vote des Anglais sur une éventuelle sortie de l’Union européenne. Situation cocasse, l'Angleterre pourrait commencer l’Euro dans l’Union européenne et le terminer hors de l'Europe. On pourrait même parier que le football influera sur le référendum. Si, sur le terrain, l’Angleterre est malmenée, battue, humiliée, cela pourrait très bien fâcher les Anglais et leur orgueil blessé pourrait les inciter à quitter l’Union. A l’inverse, on peut imaginer qu’une équipe anglaise flamboyante et victorieuse inciterait les Britanniques à renoncer au Brexit.

Un calendrier diplomatico-sportif. Angela Merkel, Matteo Renzi et David Cameron ont tous prévus d’assister aux matchs de leurs pays respectifs pour les phases finales. Les tribunes de l’Euro vont donc se transformer en lieu de sommet informel pour évoquer les lendemains de la crise de l’Union européenne. Il faudra même, pour le Président français et ses homologues, concilier compétition sportive et impératifs politique en cas de Brexit. Une réunion des dirigeants sociaux-démocrates de l'Union européenne est d'ailleurs en train de s’organiser à Paris fin juin pour plancher sur la relance de l'Union.

Le comble serait que le Royaume Uni quitte l’union européenne et remporte la compétition. La crise de l’euro gâcherait immanquablement la fête. "Bad luck", comme disent les Anglais.