EPR : l’opposition veut une commission d’enquête

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EPR : l’opposition veut une commission d’enquête
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Les socialistes et les Verts ont demandé que les parlementaires s’emparent de ce dossier, après les critiques formulées officiellement.

Faire toute la lumière sur l’ensemble du secteur nucléaire en France, et pas seulement l’EPR. Les Verts et les socialistes s’appuient mardi sur les réserves exprimées par la France, la Grande-Bretagne et la Finlande quant aux systèmes de sûreté des réacteurs de troisième génération, pour exiger la création d’une commission d'enquête parlementaire.

"La fabrication d'électricité nucléaire est une question trop sérieuse pour laisser perdurer l'opacité et la culture du secret qui entoure encore et toujours le nucléaire français", a indiqué la députée socialiste Aurélie Filippetti. Les mises en gardes officielles autour de l’EPR ne font "que conforter ce que disent les écologistes depuis très longtemps", a renchéri le député Verts Noël Mamère, citant les dernières fuites de matières radioactives ou encore les révélations sur le transport d’uranium en Russie.

En attendant les éventuelles conclusions des parlementaires, plusieurs voix se sont élevées pour demander d’ores et déjà un moratoire sur la construction de réacteurs EPR. C’est le cas du parti écologiste Cap21qui a demandé mardi "un moratoire sur la construction des nouveaux réacteurs EPR". La sénatrice-maire Verts de Montreuil, Dominique Voynet, a quant à elle estimé qu'il n'était "pas trop tard" pour arrêter la construction de l'EPR de Flamanville et a même plaidé pour une "pause" concernant l’ensemble du secteur nucléaire en France. Greenpeace a exigé pour sa part "l'arrêt immédiat" des chantiers EPR en Finlande et en France.

Créer une commission d’enquête parlementaire reste une démarche longue et compliquée. Une proposition très précise doit d’abord être formulée puis présentée à une commission qui l’examine avant d’être soumis au vote des parlementaires.

Une commission d'enquête parlementaire permet à l’Assemblée nationale ou au Sénat, au titre du contrôle de l’action gouvernementale, de recueillir des "éléments d’information sur des faits précis". Les témoins sont obligés de répondre à leurs convocations et leurs auditions ont lieu sous serment. L’enquête débouche sur des recommandations qui peuvent devenir proposition ou projet de loi. Des commissions parlementaires ont déjà travaillé dans le passé sur l’affaire Outreau, l’état des prisons ou le temps de travail.