Epad : un compromis pour éteindre la polémique

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Epad : un compromis pour éteindre la polémique
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Les représentants de l’Etat au CA de l’Epad pourraient s’abstenir le 4 décembre prochain. Une concession qui n’empêcherait pas Jean Sarkozy d’être élu.

L’occasion était belle d’apaiser la colère suscitée par la désignation annoncée de Jean Sarkozy à la tête de l’Epad, l’établissement public d’aménagement du quartier de La Défense. Le gouvernement a sauté dessus.

"Il faudrait que vous puissiez vous engager à ce que les neuf représentants de l'Etat – la moitié du Conseil d’administration de l’Epad chargé d’en élire le président – ne recevront aucune instruction de vote", a lancé dimanche le député socialiste Gaëtan Gorce au porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, lors du Grand Rendez-vous Europe 1 - Le Parisien. "Evidemment, cela libérerait Jean Sarkozy et le président de la République des critiques et des observations qui leur ont été faites."

Luc Chatel a immédiatement saisi cette perche. "Dans le passé, il est déjà arrivé que les représentants de l'Etat ne prennent pas part au vote de cette élection", a répliqué le ministre de l’Education. "Donc, par souci de clarté et de transparence, on peut très bien imaginer que les représentants de l'Etat à cette élection ne participent pas au vote."

Voici l'intervention de Luc Chatel dimanche au Grand Rendez-vous Europe 1 - Le Parisien :

Ne participeraient alors à cette élection que les neufs représentants des collectivités territoriales – donc ceux qui ne sont pas nommés par l’Etat –, ce qui en rendrait l'issue plus incertaine… en théorie. Car en pratique, "même si les neufs fonctionnaires ne participent pas au scrutin, l'élection de Jean Sarkozy reste cependant assurée", assure le conseiller municipal (MoDem) de Puteaux, Christophe Grébert, sur son blog.

En effet, les neufs représentants des collectivités territoriales au CA de l’Epad sont les suivants : quatre élus UMP d’une part – Patrick Devedjian, Jean Sarkozy, Joëlle Ceccaldi-Raynaud, maire de Puteaux, et Jacques Kossowski, maire de Courbevoie. Quatre élus de gauche d’autre part – deux socialistes, le représentant du Stif et celui de la région, et deux membres du Parti communiste, le maire de Nanterre et l'administrateur représentant Paris. Enfin, Claude Leroi, président de la Chambre de commerce et d'industrie des Hauts-de-Seine.

Or, Claude Leroi "est un ancien conseiller municipal de Nicolas Sarkozy" lorsque celui-ci était maire de Neuilly-sur-Seine, explique Christophe Grébert. Donc, "le « vote » de Claude Leroi, qui est un proche de Nicolas Sarkozy, ne constitue pas un suspens, poursuit l’élu MoDem. Jean Sarkozy sera « nommé » par 5 voix contre 4, au lieu de 14 voix contre 4, voilà tout".

Claude Leroi ne cache pas sa préférence : "Jean Sarkozy est un garçon de qualité, sympathique, que je connais depuis très longtemps", a-t-il affirmé lundi. Si le nouveau président du conseil d'administration [de l'Epad] est un garçon brillant qui a des idées et des relations, ça n'en sera que mieux."

Patrick Jarry, maire (PC) de Nanterre et candidat à la présidence de l’Epad, a résumé, lundi sur Europe 1 : "Je pense que ça allait de soi que les représentants de l’Etat n’allaient pas eux-mêmes choisir. Mais ça ne règle pas le problème. La légitimité de Jean Sarkozy de présider l’Epad n’existe toujours pas ". La polémique, elle, existe toujours.

Retrouvez l'interview de Patrick Jarry en intégralité :

> Epad : les fonctionnaires pourraient s'abstenir

> Jean Sarkozy : l'insubordination des députés UMP