Plus isolé que jamais, Macron fait sa rentrée aux côtés du Medef

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Le ministre de l'Économie sera mercredi aux universités d'été du Medef. Il prépare en creux l'éventualité d'une candidature sans se cacher. 

L'ÉDITO POLITIQUE

Très discret depuis son grand meeting du 12 juillet, Emmanuel Macron s'apprête à faire sa rentrée. Le ministre de l'Économie est attendu mercredi aux universités d'été du Medef, qui se tiennent à partir de mardi à Jouy-en-Josas, sur le campus yvelinois d'HEC. L'an dernier, il y avait été applaudi par le patronat pour avoir, notamment, fustigé les 35 heures et égratigné la gauche. Son discours est donc, cette fois encore, très attendu. Et nombreux sont ceux qui espèrent en apprendre plus sur ses intentions pour 2017.

DSK de retour à Bercy. Ira, n'ira pas ? Emmanuel Macron travaille soigneusement à entretenir le doute quant à son ambition présidentielle. Reste qu'il s'est préparé à l'éventualité d'une candidature sans se cacher. Ces derniers mois, beaucoup de visiteurs du soir se sont rendus dans son QG, son appartement à Bercy. L'un d'entre eux a particulièrement attiré l'attention : des collaborateurs du ministère travaillant un peu tard ont sursauté il y a quelques temps en croisant Dominique Strauss-Kahn dans les couloirs, de retour là où il fut ministre entre 1997 et 1999. Le même DSK qui, en février 2011, avant l'affaire du Sofitel, menaçait de tordre le bras de François Hollande si ce dernier ne renonçait pas à la primaire. Preuve qu'Emmanuel Macron se sent libre, très libre.

Court-circuiter les élus de "l'ancien temps". Quelques patrons ont également emprunté les couloirs de Bercy le soir, à l'instar de Xavier Niel, numéro un de Free. Tous encouragent le ministre de l'Économie à tenter sa chance, sortir et défier le président. Emmanuel Macron rêve de le faire et de couper l'herbe sous le pied de Manuel Valls, Arnaud Montebourg et tous ces professionnels de la politique, ces élus "d'un ancien temps" comme il dit, pour lesquels il n'a que peu de considération.

Trop tard pour partir. Mais selon Ismaël Emelien, l'un de ses proches conseiller, le ministre est actuellement le nez dans ses dossiers pas dans ses cartons. EDF, Alstom, les sujets de travail ne manquent pas. Le locataire du troisième étage de Bercy reste donc pour le moment à son poste, après avoir sous-entendu à maintes reprises qu'il était prêt à démissionner. Son problème, c'est qu'il est tard pour partir. Il aurait pu claquer la porte l'hiver dernier, sur le sujet de la déchéance de nationalité, qui plus est un marqueur de gauche. Ou encore en janvier, lorsque Manuel Valls l'a privé de sa loi Macron 2 et le recadrait publiquement et quotidiennement. Les occasions de rompre n'ont pas manqué mais, à chaque fois, Emmanuel Macron a plié. Ce qui souligne aussi, peut-être, un manque de sens et d'expérience politique.

La confiance s'étiole entre Hollande et Macron. La seule carte qui lui reste désormais pour 2017 serait l'empêchement de François Hollande, qui renoncerait à se présenter parce que trop impopulaire et contesté. Les relations entre les deux hommes sont d'ailleurs plus tendues qu'avant, selon un proche du chef de l'État. Ce dernier a peu goûté le reportage people de Paris Match sur les vacances d'Emmanuel Macron et sa femme, Brigitte Macron. Le ministre de l'Économie a eu beau expliquer qu'il avait bien repéré le photographe et était allé le voir directement pour lui demander de ne pas trop en faire, François Hollande n'a pas été vraiment convaincu. La confiance s'étiole entre le président et celui qui fut, longtemps, son protégé.