Élections législatives : un comité d'investiture déjà à l'oeuvre dans le camp d'En Marche!

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Pour choisir les candidats sortants qui se représenteront sous l'étiquette d'En Marche!, le mouvement d'Emmanuel Macron a mis au point un système de notation sur 10.

L'ENQUÊTE DU 8H

Avant même de connaître le verdict des urnes le 7 mai, une autre bataille est lancée : celle des élections législatives. La question se pose particulièrement chez Emmanuel Macron, même si elle se posera également pour Marine Le Pen dans les prochains jours. La particularité des 577 candidats présentés par En Marche!, c'est qu'ils porteront une étiquette créée tout récemment. Alors comment sont-ils choisis ?

Des sessions de douze heures de travail. En Marche! a reçu près de 15.000 dossiers de candidatures. Après le premier "écrémage" local, tout se joue dans le secret du QG de campagne, dans le 15ème arrondissement de Paris. Au cinquième étage, les neuf membres de la commission d'investiture s'enferment dans une pièce où les téléphones portables sont interdits. Au cours des sessions de douze heures de travail, ils font face à un peu de café et des piles de dossiers.

Un système de notes sur 10. Sur 577 circonscriptions, 420 candidats ont déjà été investis. Selon quels critères ? Un casier judiciaire vierge, de la diversité, une moitié de femmes, aussi bien des avocats que des agriculteurs, une moitié de candidats issus de la société civile... Mais quant à l'autre moitié, celle issue du monde politique, le choix semble plus difficile. Alors la commission a mis au point un système de notes. La popularité, l'implantation ou encore la capacité à exister dans les médias des élus sortants sont prises en compte. Gilles Savary, par exemple, député socialiste de Gironde, s'en sort plutôt bien puisqu'il a obtenu un 7/10. 

Mais pour se représenter sous l'étiquette d'En Marche!, les députés sortants devront faire un choix : quitter le Parti socialiste ou Les Républicains. Une défection obligatoire qui plonge beaucoup d'élus socialistes dans l'embarras. 

Les membres de la commission harcelés. Depuis dimanche soir, les membres de la commission d'investiture sont harcelés. Lundi matin, l'un d'entre eux a même reçu 130 SMS. Elizabeth Guigou a déjà téléphoné une dizaine de fois, le ministre Jean-Marie Le Guen insiste aussi sur le thème : "on a appelé à voter Macron, ne nous mettez pas un candidat En Marche! dans les pattes, ce serait une déclaration de guerre". Pour toute promesse, on lui a répondu "pas d'accord d'appareil, il n'y aura aucun passe-droit".

Les cas délicats tranchés par Macron lui-même. Pour les cas litigieux, ce n'est plus au cinquième, mais au sixième étage que cela se passe, dans le bureau d'Emmanuel Macron. Pour les contacts avec les grands noms, les cas plus problématiques, c'est lui et lui seul qui tranche. Un mode de fonctionnement vertical auquel personne ne trouve à redire.

Le temps presse. Les tractations s'intensifient ces derniers jours, parce que le temps presse. La date butoir pour désigner les candidats arrive huit jours après le second tour de la présidentielle, soit le lundi 15 mai, pour une élection qui se déroulera les 11 et 18 juin prochains.