Édouard Philippe (LR) lâche Fillon : "Je préférerais qu’on ait un candidat crédible"

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Le député-maire (LR) du Havre, proche d'Alain Juppé, a annoncé jeudi qu'il retirait à son tour son soutien à François Fillon. Sur Europe 1, il évoque un "souci de cohérence".

INTERVIEW

Ils sont de plus en plus nombreux à quitter le navire. Les élus juppéistes Édouard Philippe, Benoist Apparu, et Christophe Béchu ont ajouté leur nom à la (longue) liste de politiques ayant annoncé leur départ de la campagne de François Fillon. "Je ne peux pas continuer dans ces conditions", précise le premier d’entre eux sur Europe 1.

Depuis quelques jours, on a changé de tonalité. "J’ai soutenu François Fillon après la primaire, parce que c’était le principe même de la primaire. Cela me semblait la meilleure façon de défendre des valeurs et des idées auxquelles je crois. Depuis quelques jours, on a changé de tonalité, on est revenu sur des engagements qui avaient été pris", explique Édouard Philippe, en référence à la décision de l'ancien Premier ministre de maintenir sa candidature à la présidentielle en même temps que sa prochaine mise en examen, après avoir indiqué l'an passé qu'il se retirerait s'il était mis en examen.

"Je ne critique pas" François Fillon. "Je ne porte pas de jugement sur François Fillon, je ne le critique pas. Je dis juste que j’ai besoin d’être en accord avec moi-même et que je ne peux pas continuer à faire une campagne dans ces conditions. Il n’y a absolument aucune critique envers ceux qui font un choix différent, ce n’est pas mon genre", souligne toutefois le député-maire LR du Havre.

Entendu sur Europe 1
Il n’y a absolument aucune critique envers ceux qui font un choix différent.

"On risque de mettre en jeu des choses qui sont importantes". "La tournure qu’a pris la campagne implique une fragmentation de la droite et du centre telle qu’on risque de mettre en jeu des choses qui sont importantes", continue l’élu. "Je préfèrerais qu’on ait un candidat crédible et susceptible d’arriver au second tour de l’élection présidentielle". 

"Alain Juppé ne m'a pas donné son avis". Le départ d’un grand nombre de juppéistes du camp Fillon signifie-t-il qu’Alain Juppé lui-même pourrait lâcher son adversaire lors de la primaire fin novembre ? "Je ne sais pas, sincèrement", répond Édouard Philippe, proche du maire de Bordeaux. "Je l’ai informé de la décision que je prenais, il me semblait que c’était nécessaire. Je ne lui ai pas demandé l’autorisation, il ne m’a pas donné son avis. Je m’exprime en mon nom propre", conclut-il. Comme l’ont déjà fait plus de 60 élus à ce jour.