Dominique de Villepin : "nous entrons dans une période d’incertitude"

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Pour l'ancien Premier ministre français, la victoire de Donald Trump doit générer un sursaut en France et en Europe.

INTERVIEW

S'il n'est "certainement pas surpris" par la victoire de Donald Trump à l'élection présidentielle américaine, Dominique de Villepin, invité sur Europe 1 mercredi matin, estime désormais que la France et l'Europe doivent réagir.

"Nous ne sommes pas à l'abri d'un coup de sang". "Il y a beaucoup d’inquiétude et d’interrogations à avoir face à cette élection", juge l'ancien Premier ministre. Pour Dominique de Villepin, l'élection de Donald Trump est l'illustration d'une "dynamique des peurs et de la colère qui montent et qu’il faut savoir entendre". Sur Europe 1, il a appelé à "un sursaut majeur en Europe en matière d’indépendance, de responsabilité, de lucidité". "Nous devons regarder ce qu’il se passe. Je qualifie souvent la France et les États-Unis de 'jumeaux terribles'", prévient Dominique de Villepin. "Nous ne sommes pas à l’abri d’un coup de sang comme celui qui s’exprime aux États-Unis".

"Tirer des leçons" en France et en Europe. La victoire de Donald Trump est "l''expression d'un malaise extrêmement profond, d'un refus des élites, c'est la sanction de politiques économiques, internationales et sociales qui ne fonctionnent pas", juge l'ancien Premier ministre, pour qui il y a désormais "un devoir français, européen, à revenir à ce que nous sommes". En comparant les politiques menées aux États-Unis et en Europe, Dominique de Villepin estime que "nous nous sommes égarés au fil des années. Nous avons à tirer les leçons de cette politique spectacle".

Une "période d'incertitude" à venir. Celui qui a été le ministre des Affaires étrangères de Jacques Chirac de 2002 à 2004 prédit désormais "une période d'incertitude" à l'échelle internationale. "Les uns et les autres vont se tester. L’Amérique va tester la Chine, la Russie, l’Europe. Et ces pays vont tester la capacité des États-Unis à réagir et à s’adapter", avance-t-il. "Il faudra aux Américains beaucoup d’unité et de responsabilité pour passer ce cap difficile".