Des élus PS parlent de réforme fiscale

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Des élus PS parlent de réforme fiscale
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Plusieurs voix ont proposé notamment le rajout d’une tranche ou la suppression… de l’ISF

Le sujet pourrait bien constituer l’un des grands enjeux de l’élection présidentielle de 2012. Dans la foulée des attaques sur le bouclier fiscal, de plus en plus impopulaire, des voix s’élèvent à gauche pour réclamer une grande réforme des impôts. "Depuis 1994, la différence d'imposition entre un smicard et quelqu'un qui gagne 20 fois le smic n'est que de 5%. C'est inacceptable", a affirmé dimanche sur Canal Plus Vincent Peillon, "partisan d'une grande réforme fiscale" comprenant la suppression du bouclier fiscal. Il faut "remettre un peu de justice dans toute notre système fiscal", a-t-il résumé.

Le député européen a aussi avancé quelques pistes, qui pourraient préfigurer le projet socialiste en matière fiscale pour 2012. "Il faut faire des tranches supérieures d'impôt sur le revenu, nettoyer ces niches fiscales qui permettent aux plus riches de ne pas payer", a notamment déclaré Vincent Peillon, rejoint par son camarade Manuel Valls. "Il faut créer une tranche supplémentaire d’impôt sur le revenu", a abondé le député-maire d’Evry. Reste à fixer le taux de cette nouvelle tranche. Une tranche à 70% ne le choquerait pas "mais ça peut être moins", a assuré Manuel Valls.

"Il faut supprimer l’ISF"

Mais les deux socialistes ont surtout osé toucher à l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF), créé en 1982 sous François Mitterrand, et très populaire à gauche. Vincent Peillon a fait preuve de prudence quant à la suppression de cet impôt. "Si on trouve un système intelligent, pourquoi pas, mais faisons attention", a déclaré le député européen, qui a estimé que la question était "assez marginale par rapport à la question qui est celle de remettre de la progressivité" en matière fiscale.

Manuel Valls a lui été beaucoup plus direct. "Il faut aujourd'hui supprimer l'impôt sur la fortune qui n'est pas performant sur le plan des recettes", a-t-il déclaré. "Il faut être capable de s'adapter, intégrer le fait que nous sommes en fin de crise, que le capital est beaucoup plus volatile". En s’attaquant à l’ISF, les deux hommes ont peut-être brisé un tabou. Reste à savoir comment va réagir le reste de l’appareil socialiste.

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