Des députés s’insurgent contre les feuilles de présence

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Des députés s’insurgent contre les feuilles de présence
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Les parlementaires doivent désormais signer quand ils assistent à une commission. "Infantilisant", estime l’UMP Lionnel Luca.

La mesure a été inscrite au printemps dernier dans le nouveau règlement de l’Assemblée nationale et est appliquée depuis quelques jours : les députés doivent désormais émarger une feuille de présence quand ils assistent aux commissions permanentes. L’objectif est de lutter contre l'absentéisme parlementaire. Les élus ne l’entendent pas de cette oreille.

C’est "une infantilisation du travail parlementaire. Nous sommes suffisamment adultes pour savoir ce que nous devons faire", s’insurge le député UMP Lionnel Luca sur Europe 1 :

L’argument principal de Lionnel Luca : "On n’est pas des fainéants, on est au contraire en suractivité". Selon lui, quand un élu n’est "pas présent en commission, ce n’est pas parce qu’il s’en fout, qu’il va se reposer, c’est parce qu’il est pris par d’autres activités" autour de l'Assemblée ou dans sa circonscription. Le député des Alpes-Maritimes explique qu’il a choisi pour sa part de ne pas signer la feuille de présence, même quand il assiste à une réunion, pour signifier sa colère.

A droite comme à gauche, l’indignation est là même. "Tout cela est absurde. Nous n'aurions jamais dû céder à la pression médiatique", s’indigne le socialiste Jean-Michel Boucheron. "C'est à se demander quand une pointeuse sera installée dans nos salles de réunions", renchérit François Loncle (PS). Le communiste François Asensi estime quant à lui que cette mesure "ridicule" n'aurait aucun effet sur l'absentéisme, "dont la véritable cause est le cumul des mandats", auquel "il faut s'attaquer".

Le règlement de l’Assemblée nationale prévoit qu’au-delà de deux absences mensuelles, une sanction de 352 euros par absence aux réunions des commissions du mercredi matin peut être infligée. Pour Axel Poniatowski, le président UMP de la commission, cette mesure a "un côté désagréable" mais ne vise que "les députés qui ne viennent jamais". C'est-à-dire environ 20% des 577 parlementaires élus à l’Assemblée nationale.