Déchéance de nationalité, primaire : un début d'année 2016 compliqué pour Sarkozy

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Déchéance de nationalité, primaire : un début d'année 2016 compliqué pour Sarkozy
@ AFP
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Dans ses vœux pour 2016, Nicolas Sarkozy s'est retrouvé contraint de soutenir le gouvernement sur la déchéance de nationalité. Alors que ses adversaires sont déjà bien engagés dans la campagne pour la primaire, la rentrée s'annonce compliquée pour le chef de Les Républicains. 

En prenant position dans ses vœux en faveur de la mesure de François Hollande sur l'extension de la déchéance de nationalité, Nicolas Sarkozy se retrouve contraint de soutenir le gouvernement. Pendant ce temps, ses adversaires sont déjà à fond dans leur campagne pour la primaire. Bref, la rentrée s'annonce compliquée pour le président de Les Républicains. 

Faire voter la déchéance de nationalité par son camp. Et Nicolas Sarkozy en a conscience. C’est pour ça qu’en ce moment, il se repose en famille et il réfléchit. Il reste en général loin du téléphone, sauf hier vers 15h, lorsqu’il a corrigé une première version de ses vœux depuis son lieu de vacances.  Il la jugeait insuffisamment politique, pas assez offensive. Surtout il ne voulait plus traîner pour se prononcer sur la déchéance de nationalité,  il fallait arracher le sparadrap, voilà c’est dit : "la déchéance, faut la voter !".  Et si ça devait faire tousser dans son camp, l'argumentation de Nicolas Sarkozy est prête. Voilà ce que dit l’un de ses amis : "Si on veut pouvoir brocarder François Hollande sur son 'naufrage idéologique', lui qui jugeait la déchéance indigne en 2010 et qui la défend coûte que coûte aujourd’hui.  Alors il nous faut nous aussi être cohérent et voter aujourd’hui ce que nous proposions hier". Un point de vue que l'ancien président défendra devant les députés lors de la première réunion du groupe Les Républicains au tout début de l’année.


Coincé par son statut de chef de parti. Le problème c'est que pendant ce temps, ses adversaires pour la primaire de la droite et du centre sont déjà bien engagés dans leur campagne. Alain Juppé devrait notamment sortir un livre la semaine prochaine. Nicolas Sarkozy se retrouve quand à lui coincé par son statut de chef de parti. Pour son plus proche compagnon de route Brice Hortefeux, ce n'est pas un obstacle : "Il y a une grande différence entre NS et les autres c’est que lui il porte une responsabilité collective alors que les autres n’ont qu’une préoccupation : leur nombril", expliquait l'ancien ministre de l'Intérieur jeudi. Nicolas Sarkozy doit cependant toujours se déclarer. Rien n’est définitivement fixé mais ses conseillers évoquent la fin du printemps ou le début de l’été. Cela laisse six mois où le président de Les Républicains fera mine de ne se soucier que du projet des Républicains, le fond, rien que le fond. 

Mais en réalité, il est déjà, lui aussi, dans la présidentielle. La preuve en sera donnée dés la fin janvier, au moment où Les Républicains tiendront leur élection interne pour choisir dans chaque département leurs présidents de fédération.  Les sarkozystes ont bien l’intention d’en faire une démonstration de force en raflant la majorité des postes. Et Nicolas Sarkozy lui-même continuera, en ce début d'année 2016, ses déplacements en France en essayant d’aller dans un maximum de fédérations avant la fin du mois.