Débat de la primaire de la droite : les critiques contre les journalistes divisent les militants

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Jeudi soir, dans La battle des militants d’Europe 1, les militants de droite n’ont pas tous rejoint François Fillon dans ses attaques.

C’est l'un des moments les plus forts du débat organisé jeudi soir par Europe 1 : François Fillon s’en prenant en direct aux journalistes David Pujadas et Jean-Pierre Elkabbach quant à la tenue du débat, aux temps de parole, aux thèmes abordés.

Dans le même temps, Europe 1 organisait dans ses studios "La battle des militants", avec 7 militants des candidats de la primaire. Ils ont tous assisté à la séquence en direct, et ont réagi dans la foulée, avec des positions diverses.

C’est un peu malhonnête de la part de Fillon de parler de spectacle

“C’est difficile de déployer un programme en trois soirées. C’était pas mal de choisir des thématiques mais c’est frustrant”, admet Sandrine Bourg, soutien de Bruno Le Maire. Les propos de François Fillon sont aussitôt rejetés par la militante qui soutient Nathalie Kosciusko-Morizet, Chaïma Majdoub. "C’est un peu malhonnête de la part de Fillon de parler de spectacle, il y a six mois de campagne, des meetings… C’est le format, autant l’accepter ou ne pas venir".

Du format, il est justement question dans les réactions des militants qui soutiennent respectivement Nicolas Sarkozy ou Jean-François Copé. Comment tenir un débat où sept personnes veulent intervenir ? “Ça devient vite une cacophonie”, dit Marie-Agnès Kikono. “Pour moi, trois débats c’était trop, poursuit Aurélie Offroy. Accrocher des gens qui ne sont pas extrêmement politisés avec 6 heures en trois semaines, c’est costaud”.

Les journalistes essaient d’orienter des questions

“Je rejoins François Fillon sur le côté spectacle de ces débats, enchaîne Samuel Tamba, soutien de l’ancien Premier ministre. Les journalistes essaient d’orienter des questions, des petites piques. Sur les autres débats, on se souvient de journalistes qui ont mis en porte-à-faux certains candidats dans une logique de spectacle”.

“Ces débats-là, les 7 candidats étaient d’accord pour les organiser ainsi. Ils y ont participé, la Haute Autorité était d’accord, elle a fixé avec les médias l’organisation. Le dire a posteriori, c’est comme les sondages : quand ça va pas, les sondages c’est mal, quand ça va bien les sondages c’est génial”, avance pour sa part Adrien Jolly, supporter d’Alain Juppé.

Comment continuer à faire vivre le débat politique, tout en étant accessible au public, sans pour autant frustrer les candidats ? Et si la réponse se trouvait dans les “live”, nouvelle marotte des réseaux sociaux ? “Le format qui regroupe le plus de Français, c’est la télé ! Arrêtons de critiquer ce format qui fonctionne. Le live c’est très bien, c’est ce vers quoi on va, mais mes copains regardent la télé”, note Sandrine Bourg (Bruno Le Maire).

“Mais dans ce début d’ère numérique, on manque de transversalité entre les contenus : il n’y a aucune interaction entre la télé, les radios, les réseaux sociaux, le travail qu’on a fait à la rencontre des Français. Sauf ce soir [avec la Battle des militants, NDLR.], mais on n’a pas de retour à la télé vers les sites des candidats, leurs propositions, les contenus”, regrette Adrien Jolly (Alain Juppé). Peut-être une idée à retenir pour la prochaine primaire qui mobilisera les militants et candidats de la gauche ?