Débat à onze : une première pour les "petits candidats" à la présidentielle

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Le débat de mardi soir entre les onze prétendants à la succession de François Hollande s'annonce comme un tour de force. La plupart des "petits" candidats ne se sont jamais prêtés à ce type d'exercice.

C'est une première dans l'histoire de la présidentielle en France. Mardi soir, le débat d'avant-premier tour de CNews et BFMTV réunit l'ensemble des onze candidats à l'Elysée. Certains sont déjà rompus à l'exercice, bien sûr, du côté des favoris et des principaux partis. Mais pour les autres, ceux qu'on appelle les "petits" candidats, là aussi cette rencontre est une première. Pas de coach, ni de conseillers en communication pour eux, mais certains confient avoir préparé des métaphores, des images pour illustrer leur propos. Ils ont aussi travaillé le respect du timing, puisqu’ils n’auront qu'une minute et demi pour répondre aux questions.

"Une campagne ne se joue pas sur une punchline". François Asselineau, candidat de l'UPR, mise sur son entrainement. "Monsieur Asselineau ne fait pas de média training. Ou plutôt, cela fait dix ans qu'il se livre à un média training grandeur nature [avec ses conférences, ndlr]. Mardi, ce sera une journée comme les autres", explique à Europe 1 Karim Sehrane, le porte-parole du prétendant. "Il travaille sans fiche, sans note, sans téléphone. Je m'inquiète plus pour les autres candidats", assure-t-il. "Rien n'est décisif. Une campagne ne se joue pas sur une punchline mais sur le sérieux, sur une confrontation".

Même détermination à ne pas verser dans la petite phrase du côté de Nathalie Arthaud, candidate de Force ouvrière : "N'attendez pas de moi un coup médiatique, pas le style. Je n'envisage pas un strip-tease", a-t-elle confié au Parisien.

Entendu sur Europe 1
Si chaque fois que j’ai fait quelque chose dans ma vie j’avais dû me mettre la rate au court-bouillon, je n’aurais pas fait grand-chose

Des attaques ciblées. Se faire connaitre du grand public, mais lancer aussi la campagne sur le fond, les programmes, voilà donc ce qu’espèrent ces candidats, souvent peu exposés dans les médias. Mais certains réservent aussi des attaques à leurs adversaires. Jacques Cheminade, par exemple dit avoir préparé des piques en direction de Marine Le Pen et d’Emmanuel Macron. Nicolas Dupont-Aignan devrait cibler François Fillon, pour se présenter comme une alternative, à droite. Le leader de Debout la France a même a prévu d'aller "à la piscine" avant la confrontation, "pour se décontracter et ne pas être désagréable ce soir avec ses concurrents".



"Je ne me prépare pas". Jean Lassalle, lui, a décidé de ne pas se mettre la pression, par crainte de "tout mélanger". "Je ne me prépare pas", assume-t-il auprès d’Europe 1. "C’est la première fois que je me présente à une présidentielle. Si chaque fois que j’ai fait quelque chose dans ma vie j’avais dû me mettre la rate au court-bouillon, je n’aurais pas fait grand-chose", conclut-il.