Dans les Hauts-de-France, Marine Le Pen lâchée par des dissidents

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Affaires judiciaires, fonctionnement du parti et de la direction… Le Rassemblement national est confronté au départ d'une partie non négligeable de ses élus au Conseil régional des Hauts-de-France, l'un des fiefs de la formation politique.

L'hémorragie est là, bien visible : en quelques mois, le groupe Rassemblement national au Conseil régional des Hauts-de-France est passé de 54 à 42 membres. Après le départ de trois personnes en 2017, le parti doit constater la perte de trois élus cet été. Six autres anciens membres du groupe RN sont désormais encartés chez les Patriotes de Florian Philippot.

La probité du parti, "du flan". L'actualité judiciaire autour du financement de l'ancien Front national est l'une des raisons de ces départs à répétition. "Il ne se passe pas une semaine sans qu'on apprenne dans la presse une nouvelle affaire et des nouvelles découvertes sur les comportements, on tombe de haut", déplore Alexis Salmon, démissionnaire. "Tête haute main propre, je me suis aperçu que tout cela était du flan", lâche même le jeune conseiller régional, amer.

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Mais c'est aussi le fonctionnement du parti, très bien implanté dans les départements des Hauts-de-France, qui est remis en question par ces élus quittant le navire : "Le parti en est à demander à ses militants de payer eux-mêmes leurs affiches, c'est d'une absurdité incroyable. On a un parti qui ne fonctionne plus, je pense que Marine n'est pas forcément très bien entourée ni bien conseillée", tranche-t-il.

Nouveau groupe en gestation. Mercredi soir, les dissidents se sont réunis à Arras, dans le Nord, pour envisager la création d’un groupe de rassemblement des droites. "Il est évident qu'un certain nombre d'élus sont conscients de la grande difficulté à améliorer les choses vue la situation de verrouillage actuel", constate André Murawski, qui avait constaté la désorganisation régionale du parti dès le congrès du printemps, à Lille. Il pourraient très bien envisager de quitter le groupe pour en former un autre qui serait un groupe d'entente républicaine. Cela amènerait forcément une nouvelle situation." Et un problème de plus à gérer pour Marine Le Pen, déjà confrontée à la situation financière très délicate du parti qu'elle a repris en 2011.