Croissance : le scénario caché de Hollande

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Croissance : le scénario caché de Hollande
@ LIONEL BONAVENTURE / AFP
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TACTIQUE - La Commission européenne s'apprête à relever sa prévision de croissance pour la France. Le président est lui aussi optimiste, mais se garde bien de le claironner.

La Commission européenne officialisera mardi sa prévision de croissance pour la France. Et l'optimisme est de rigueur, puisque Bruxelles devrait relever sa prévision à 1,1% pour 2015 et 1,7% pour 2016. L'OCDE, quant à elle, prévoit 1,1% pour 2015 et le FMI 1,2%. Officiellement, le gouvernement français a choisi la prudence en optant pour un scénario à seulement 1% de croissance cette année. Une simple présentation tactique puisque selon les informations d'Europe 1, l'Elysée est beaucoup plus optimiste que cela.

Vers l'inversion de la courbe du chômage ? En réalité, François Hollande a un scénario caché. La croissance sur laquelle table le chef de l'Etat et ses collaborateurs s'élève à 1,2%, voire 1, 3% pour 2015. Mieux, l'Elysée prévoit pour la fin du quinquennat une croissance en rythme annuel à 1,5%. Le chiffre est loin d'être anodin. A 1,5% de croissance, on estime qu'une économie est capable de créer plus d'emplois qu'elle n'en détruit. Ce qui veut dire qu'en 2016, le fameux pari de l'inversion de la courbe du chômage pourrait devenir crédible.

Mais si la baisse du chômage est possible, elle n'est pas automatique. A l'Elysée, on reste  prudent, notamment parce que l'économie française doit faire face chaque année à 150.000 nouveaux entrants sur le marché de l'emploi. Il faut être capable de les absorber, tout en créant des emplois supplémentaires pour les chômeurs.

Ne pas le crier sur les toits. Il n'empêche, l'optimisme est de retour à l'Elysée. Reste une question : pourquoi ne pas le dire et claironner cette éclaircie annoncée ? Un proche du président explique la stratégie : si la France affiche une prévision supérieure à 1% en 2015, Bruxelles lui demandera des efforts supplémentaires pour réduire le déficit public. François Hollande préfère donc s'en tenir au scénario initial… et jouer la bonne surprise en fin d'année.

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