COP21 : Borloo réclame un "droit universel à l'énergie"

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COP21 : Borloo réclame un "droit universel à l'énergie"
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L'ancien ministre de l'Environnement veut une "grande alliance mondiale pour la lumière" dans les pays précaires.

INTERVIEW

"J'attends de la COP21 un rendez-vous de vérité. J'attends que l'on arrête de balancer des chiffres absolument astronomiques. Des chiffres qui ne font que cacher le fait que l'on ne met pas des tous petits chiffres, mais en vrai". Jean-Louis Borloo, ancien ministre de l'Environnement, invité d'Europe 1 dimanche soir, a posé des exigences précises et concrètes concernant la COP21, qui se tient à Paris à partir de lundi.

"Qu'est-ce qui va sortir de cette COP ? Je le crois et je l'espère, d'abord une déclaration sur le droit universel à l'énergie. Cela concerne 700 millions d'Africains, 300 millions d'autres familles dans le monde, à Haïti ou au Népal par exemple. Le pauvre, c'est toujours le même. Et plus vous êtes pauvre, moins vous avez d'accès à l'énergie", a lancé le président de la fondation Énergies pour l'Afrique

Un plan de 5 milliards par an. Jean-Louis Borloo demande une "grande alliance mondiale pour la lumière". Comment ? Avec un "plan immédiat, dès 2016, doté des fonds appropriés : un fonds de 5 milliards de subvention par an, pas les 100 milliards dont on parle. Je parle de 5 milliards pour les pays touchés par la grande précarité de ce monde. Et si on ne les a pas tout de suite : 10 milliards immédiatement et sur trois ans pour 10 GW en Afrique. Il faut que ce chiffre soit dans l'accord de COP ou dans un accord des pays émetteurs de CO2. Au minimum, il faut que l'on ait ça".

"Qu'est-ce que l'on va raconter à nos enfants ?", insiste Jean-Louis Borloo. Et d'insister : "être capable de lancer un grand plan lumière et solidarité est plus important que d'aller donner des grandes leçons dans les classes. Il faut que ça ait un peu de la gueule pour nos enfants. Le seul truc que l'on ne comprend pas, c'est la vitesse et la masse qui est concernée". Selon lui, investir massivement dans l'énergie en Afrique entraînerait un sursaut de croissance mondiale de 12%, soir l'équivalent de 600 milliards de plus pour le PIB de la planète.