Congrès du PS : la grande inconnue

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Congrès du PS : la grande inconnue
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BISBILLES - L'aile gauche du parti souhaite un "congrès de clarification" dès 2015. La direction préfère attendre 2016.

L'INFO. "J'aimerais que la date de notre congrès fasse consensus". On souhaite bon courage à Jean-Christophe Cambadélis. Elu à la tête du PS en avril 2014 suite à l'entrée au gouvernement de son prédécesseur Harlem Désir, "Camba" remettra son mandat en jeu lors du prochain congrès du PS. Ce dernier aurait dû, selon les statuts du parti, se tenir à mi-mandat, donc en 2015. Mais l'exécutif cherche à en reporter la date. Ce qui provoque l'exaspération d'une frange de la gauche.

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En 2015, "ce serait une cacophonie !" La raison officielle invoquée, et relayée par Luc Carvounas, secrétaire national aux relations extérieures et très proche de Manuel Valls : "Comment mettre un congrès entre des élections départementales et des élections régionales [mars 2015 et novembre/décembre 2015, Ndlr]  ? Ce serait une cacophonie !" Avantage d'un tel report pour l'excutif : à un an de la présidentielle, les attaques seraient forcément moins virulentes, au nom de l'intérêt supérieur de la gauche. Un argument qui ne convainc évidemment pas la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann, membre du courant "Maintenant la gauche!", contactée par Europe1.fr : "on sera toujours entre deux scrutins ! Et je leur rappelle qu'on a perdu toutes les élections intermédiaires, donc il serait peut-être temps de s'activer un peu plutôt que de laisser traîner les choses…"

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"Pas de majorité dans le parti pour porter le pacte de responsabilité". Raison officieuse, avancée par l'aile gauche du parti : dans le contexte actuel de défiance, avec des élus qui refusent de voter la confiance au gouvernement, ce rendez-vous entre socialistes pourrait se transformer en défouloir. Et démontrer que la ligne politique de la majorité au pouvoir n'est pas majoritaire au sein du parti socialiste.

Emmanuel Maurel, un autre animateur du courant "Maintenant la gauche", en est même certain : "le prochain congrès du PS sera celui de la clarification. Et nous le savons, il n'y a pas de majorité dans le parti pour porter le pacte de responsabilité", a-t-il déclaré lors de la clôture de l'université de rentrée de son courant à Boissy-la-Rivière (Essonne), dimanche dernier. Il n'est pas le seul sur cette ligne.

Un ancien ministre dans les starting-blocks. Benoît Hamon n'en est pas très loin, même s'il se refuse à le dire aussi clairement. L'ancien ministre de l'Education nationale - débarqué du gouvernement en même temps qu'Arnaud Montebourg pour incompatibilité avec la ligne officielle -, envisage de mettre la main sur le parti en rassemblant les différents courants de l'aile gauche. "Dès lors que nous connaîtrons ces dates, je déciderai si oui ou non, je porterai mes idées. Je verrai si nous sommes en capacité de rassembler", a-t-il assuré lors de la rentrée de son courant, le week-end dernier dans les Landes.

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Jean-Christophe Cambadélis lui a apporté un premier élément de réponse. Le patron de la rue de Solferino a envoyé lundi une lettre  à chaque sensibilité issue du dernier congrès de Toulouse, en 2012. Il y annonce la mise en place d'une commission - où deux représentants de chaque sensibilité pourront y siéger - destinée à choisir la date du prochain congrès du parti. Celle-ci sera connue "le mois prochain" et, selon lui, "il y a quatre ou cinq dates" possibles. "Cela fait longtemps qu'il nous l'a promis. Nous réitérons notre demande d'un congrès au plus tôt !", rétorque Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice de Paris

Benoit Hamon a, lui aussi, quelques doutes sur l'intérêt d'un tel exercice. "Le président de la République et le Premier ministre décideront, j'imagine" de la date,  a-t-il estimé sur France Inter. Est-ce normal? "Je pense que c'est comme ça que cela va se passer", a éludé l'élu des Yvelines.

Et on fait ça où ? Outre l'enjeu de la date, une autre question est sur la table : dans quelle ville réunir les socialistes ? Pour l'heure, quatre noms sont évoqués : Metz, Lyon, Avignon et Nantes. Mais chaque ville a son handicap. La cité lorraine rappelait l'opposition entre Mitterrand et Rocard en 1979. Délicat. La capitale des Gaules, où règne le social-démocrate Gérard Collomb ? Un affront pour l'aile gauche. La Cité des Papes, elle, a failli tomber dans le giron du FN lors des dernières municipales. Risqué. Reste la ville historique de Jean-Marc Ayrault. Trop marqué? On souhaite bonne chance à Cambadélis.