Comment réussir sa rentrée politique ?

  • A
  • A
Comment réussir sa rentrée politique ?
François Hollande, Laurent Wauquiez, François Fillon, Jean-Christophe Cambadélis : qui réussira sa rentrée ?@ Montage Europe1/MAXPPP
Partagez sur :

CONSEILS - Comment François Hollande, le PS, les ténors de l'UMP ou Nicolas Sarkozy devraient-ils prendre la parole ? L'avis d'un expert en communication.

Interview. C'est bientôt la rentrée des classes. Mais la rentrée politique, elle, est déjà là. Les conseils des ministres hebdomadaires reprennent mercredi. Le PS et les écologistes tiennent leurs universités d'été d'ici à la fin août. Le FN fait sa rentrée début septembre. A l'UMP, il n'y aura pas d'université d'été, faute d'argent, et les ténors du parti jouent en ordre dispersé, chacun cherchant à imposer sa voix. Quelles sont les erreurs à éviter pour bien réussir sa rentrée politique ? Europe 1 a posé la question à Jean-Luc Mano, conseiller en communication publique et politique.

A l'UMP, Laurent Wauquiez a été le premier à rassembler ses soutiens, dimanche. Ce n'est pas trop tôt, le 17 août ?

Tout dépend de votre situation politique personnelle. Si vous voulez juste montrer que vous êtes présent, ça peut attendre. Mais si vous voulez préempter certains thèmes, ce n'est pas sot de le faire relativement tôt. Car la force d'une rentrée politique, c'est qu'on se répond les uns aux autres. Pour Laurent Wauquiez, qui a une force de frappe médiatique limitée, c'était sans doute le bon schéma de le faire tôt et fort.

J'explique souvent à mes clients que communiquer, c'est émettre un son dans le brouhaha ambiant. A la mi-août, il y a évidemment moins de bruit. Après, il faut rester en phase avec les préoccupations du public : les gens ne veulent pas qu'on leur vole leurs vacances !

hollande conference presse

Du côté de l'exécutif, François Hollande tiendra une conférence de presse le 18 septembre. Est-ce le bon format pour marquer sa rentrée ?

Hollande n'a quasiment pas pris de vacances. L'avantage, c'est qu'il a montré qu'il était aux commandes, même pendant l'été. L'inconvénient, c'est que lorsqu'on n'est pas sorti, c'est compliqué de rentrer ! Et son image estivale est un peu celle du secrétaire général du comité des fêtes, tellement il a enchaîné les commémorations.

L'exécutif ne peut pas parler du présent, qui est catastrophique. Maintenant, il doit sortir de la séquence "du sang et des larmes", qui a été menée avec clarté et honnêteté, et parler du futur. De ce point de vue là, l'idée de la conférence de presse se tient. Mais le problème de Hollande, c'est que ses déclarations ne sont pas attendues : il n'a rien à annoncer, les sujets sont épuisés.

>> LIRE AUSSI - Comment l'exécutif prépare sa rentrée

Concernant les partis, est-ce que l'université d'été reste une bonne formule pour une rentrée, en termes de communication ?

Oui, parce que le mot "université" lui-même montre que c'est un lieu où l'on est censé accepter l'idée de la controverse. Une université d'été donne à la fois une image d'unité et de diversité, avec la possibilité d'exprimer des nuances. D'ailleurs, le fait que l'UMP soit incapable d'en organiser symbolise bien son état de déliquescence.

Pour le Parti socialiste, l'université d'été présente bien sûr un risque, vu l'ampleur de la rébellion à gauche. Mais si un parti comme le PS ne discute pas, il meurt : c'est une constante de la vie politique. De même, à l'UMP, s'il n'y a pas un rassemblement massif, on considère que c'est raté.

Sarkozy téléphone

© REUTERS


Venons-en à l'homme le plus attendu de la rentrée à droite. Si vous étiez le conseiller de Nicolas Sarkozy, quel format lui recommanderiez-vous pour une rentrée politique ?

D'abord, ce sera forcément une séquence, et pas un acte isolé. Aujourd'hui, il n'est plus possible de prendre la parole une seule fois sans rebondir ensuite, parce que le rythme médiatique n'est plus le même. Cette séquence devrait comprendre un long moment d'explication auprès des Français, par écrit ou par oral, avec ce message en point d'orgue : je ne reviens pas pour faire la même chose. D'autre part, cette rentrée ne peut pas être solitaire. Il lui faut une manifestation immédiate de soutien, afin de montrer qu'il y a du monde derrière lui.

>> LIRE AUSSI - Le retour de Sarkozy, un "faux suspense" pour Bertrand