Comment Hollande veut convaincre les électeurs de Mélenchon

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LES SECRETS POLITIQUES - Ce n'est pas par un tournant de sa ligne politique, mais par des symboles que le président veut rallier la gauche de la gauche en 2017.

François Hollande prépare activement sa prochaine campagne présidentielle. Et pour assurer sa présence au second tour, le chef de l'Etat vise le rassemblement de toute la gauche derrière lui. Son objectif du moment, c'est donc de se remettre dans la poche les électeurs de Jean-Luc Mélenchon.

"On ne peut pas faire le deuil des 10% de Mélenchon, sinon il n’y aura plus de gauche au pouvoir", confie ainsi François Hollande. Une réponse très claire à tous ceux qui pensaient, y compris dans son propre camp, qu'il fallait plutôt lorgner vers le centre.

Le report des voix n'est pas automatique. En fait, le président de la la République a étudié les enquêtes d’opinion. Et il a constaté que désormais, à la gauche de la gauche, le report des voix entre le premier et le second tour n'était plus automatique. En bref, il ne suffit plus de dire "attention, la droite revient" au soir du premier tour pour faire le plein à gauche.

"Ce n'est pas en augmentant le Smic qu'on les récupère". Mais comment attirer les plus radicaux, alors que lui-même assume être un président "social-démocrate" ? "Ce n’est pas en augmentant le Smic qu’on les récupère", affirme François Hollande. Hors de question pour le chef de l'Etat de changer de ligne politique.

Stratégie des petits cailloux. Alors il lui reste les symboles pour renouer avec "la classe travailleuse", comme il l'appelle. Une photo avec Fidel Castro lors de sa visite historique à Cuba, par exemple. Ou encore un déplacement auprès de militants de la CGT qui ont repris une entreprise. Autant de petits cailloux que sème François Hollande sur le chemin des mélenchonistes.

Le compte personnel d'activité, un bon argument ? Plus concrètement, François Hollande mise aussi sur une mesure qu'il a mise sur les rails : le compte personnel d'activité, qui réunit les droit des salariés (pénibilité, formation, compte épargne temps…). Il s'agit de faire comprendre à la classe ouvrière qu’elle mieux protégée comme il dit. Mais côté pédagogie, il y a encore du travail. Car pour l'instant, le dispositif ressemble surtout à une usine à gaz.