Christian Paul appelle à "une motion des gauches"

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Le chef de file des frondeurs a lancé un appel mercredi matin au micro d'Europe 1 pour tenter de contrer la loi Travail.

Alors que Les Républicains et l'UDI ont annoncé vouloir déposer une motion de censure commune contre le gouvernement de Manuel Valls après le recours au 49-3 pour faire voter la loi Travail, l'idée d'en établir une autre fait son chemin, au sein même du Parti socialiste.

La "double violence" du gouvernement. Invité de la Matinale d'Europe 1 mercredi, le député PS de la Nièvre Christian Paul, chef de file des frondeurs socialistes, a lancé un appel à toute la gauche. "Nous travaillons à rassembler des députés pour qu'il y ait une motion des gauches en réponse à une double violence", a-t-il expliqué, évoquant d'une part la loi Travail et d'autre part le recours à l'article 49-3." Si cette loi est adoptée, les salariés français seront moins protégés", qualifiant au passage l'emploi de l'article 49-3 "d'armes des faibles", "en particulier lorsque l'on dispose d'une majorité absolue". "À situation exceptionnelle, il faut une réponse exceptionnelle", a martelé le député de la Nièvre. Pour mener à bien son projet de motion de censure, Christian Paul devra réunir au moins 58 députés. 

Une action sans risque ? Attaqué par Jean-Pierre Elkabbach sur son manque de courage, Christian Paul a rétorqué : "Vous pensez que s'affranchir de la logique majoritaire et disciplinaire sous la Vème République, c'est sans risque ?". Et de justifier sa dissidence au Parti socialiste : "Il est important d'éclairer les Français sur ce qu'il se passe depuis deux ans et depuis quelques heures". "Dans aucune démocratie d'Europe ou d'Amérique du Nord, il est possible de passer en force de cette façon là, sans rassembler sa majorité." 

Rendez-vous avec Manuel Valls. "Nous avons eu hier (mardi) avec Manuel Valls une heure et demie d'échange", a expliqué le frondeur. "Je suis arrivé avec un compromis", a encore rapporté Christian Paul, qui a avancé "un principe très simple" selon lui : "qu'un accord d'entreprise ne peut pas être moins favorable qu'une convention collective de branche".  Interrogé par Jean-Pierre Elkabbach sur sa décision de voter ou non la motion de censure déposée par Les Républicains et l'UDI, Christian Paul a répondu par la négative.