Place Georges-Marchais à Villejuif : Liliane voit rouge

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Place Georges-Marchais à Villejuif : Liliane voit rouge
@ AFP
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POLÉMIQUE - La municipalité UMP de Villejuif veut débaptiser le parvis Georges-Marchais de la ville. La veuve de l'ancien leader communiste va porter l'affaire en justice.

Liliane Marchais n'en démord pas. La veuve de Georges Marchais a déposé une requête devant le tribunal administratif de Melun, après la décision de la municipalité UMP de Villejuif de débaptiser le parvis Georges-Marchais. C'est ce qu'elle a annoncé dans une lettre adressée mercredi au maire.

"Alors que nos concitoyens demandent à leurs élu(e)s de créer les conditions du 'vivre ensemble', de trouver des solutions rapides à la crise, d'améliorer leur quotidien, vous semblez persister à vous acharner sur un homme, une histoire, qui ne vous conviennent pas", s'indigne Liliane Marchais dans ce courrier.

Un fief communiste conquis par la droite. A Villejuif, fief communiste pendant des décennies, le parvis Georges-Marchais avait été baptisé ainsi par l'ex-maire PCF Claudine Cordillot, en mai 2013. Or, la ville a été prise par l'UMP Franck Le Bohellec aux élections municipales de 2014. En décembre dernier, le nouveau conseil municipal a voté une délibération remplaçant le parvis Georges-Marchais par le parvis Georges-Mathé, célèbre cancérologue gaulliste.

"Cette opposition n'a aucun sens et les deux familles la refusent", poursuit la veuve du célèbre dirigeant communiste, qui a été député de la première circonscription du Val-de-Marne, dont dépend Villejuif, de 1973 à 1997. Elle rappelle que Catherine Gaston-Mathé, l'épouse du médecin, souhaite "qu'une solution soit trouvée pour honorer les deux Georges et rassembler ainsi toutes les sensibilités françaises".

Le préfet demande un "compromis". Face au silence de la mairie, Liliane Marchais et ses enfants ont déposé une requête le 17 février devant le tribunal administratif de Melun. Elle a également écrit au préfet du Val-de-Marne début février pour s'indigner de cette volonté de "faire disparaître la mémoire d'un homme, d'un élu de la nation et avec lui, la mémoire collective et l'histoire d'un territoire de la banlieue". Le préfet a demandé au maire de Villejuif de "trouver un compromis acceptable avec les deux familles" et à la municipalité de "reconsidérer sa position", a indiqué son cabinet.

Jean-Pierre Elkabbach, intervieweur politique d'Europe 1, dont les mythiques passes d'armes avec Georges Marchais sont restées dans toutes les mémoires, a lui-même pris fait et cause pour ne pas rebaptiser le parvis de Villejuif. "Son nom appartient à l'Histoire politique du pays", affirme-t-il sur Twitter.